Ordre a Kilmaiue, du 3 mai (Arch. G
LE PASSAGE DU PO 46b
L'artillerie laissait toujours à désirer, tant comme nombre, que comme vigueur dans le commandement. Le Ministère de la Guerre annonçait bien que dix compagnies d'artillerie légère étaient en route pour rejoindre l'armée', et sans môme attendre leur arrivée, assurait que Bonai)arte disposait ainsi de treize compagnies; prétention d'autant moins justifiable que dès le lendemain, on lui annonçait le retrait de quatre de ces compagnies, changées de destination parce qu'elles étaient trop éloignées de lui^.
Le commandant de cette arme, Dujard, ne répondait pas, en tant qu'activité surtout, aux exigences de l'armée et Bonaparte ne cessait de le talonner, de le harceler, pour que tout arrivât à temps. Il allait même lui enlever le commandement des deux compagnies d'artillerie à cheval pour les confier au général Dommartin^, ancien capitaine d'artillerie légère, qui n'avait pas su du reste maintenir la discipline dans sa brigade d'infanterie*. Le général Lespinasse était d'ores et déjà désigné pour remplacer Dujard ^
L'état-major lui-même laissait à désirer, à tel point, que seul, l'adjudant général Boyer faisait parvenir les états de situation et journaux de marche de sa division (Augereau), tandis que les autres, sauf parfois l'adjudant général Monnier à la division Masséna, s'en dispensaient". 11 s'en fallait d'ailleurs que l'ordre fût entièrement rétabli dans les services administratifs. L'approvisionnement de l'armée était toujours précaire, soit par l'insuffisance de Lambert et des commissaires des guerres, « pygmées » qui laissaient l'armée mourir de faim au sein de l'abondance', soit par négligence, incurie ou malversations. La compagnie Flachat-Laporte, chargée des vivres, ne tenait pas en effet toutes ses promesses, non plus que les agents des fourrages^. Du reste
1. « Dix compagnies se trouvent à Saint-Paul, près de Pont-Saint-Esprit, et à Tarascon ; vous avez donc treize compagnies et non pas trois. » (Ministre Guerre à Bonaparte, 6 mai ; Arcli. G.)