Ordre à Masséna, 7 mai (Arch. G
6. Masséna à Berthier, de Castel San-Giovanni, 8 mai (Arch. G). H n'en fut même pas ainsi; la cavalerie et l'artillerie attelée de chevaux de poste, bivouaquèi-ent le soir (lu 8 à Castel San-Giovanni, mais l'infanterie mal chaussée n'y arriva (pie dans la matinée du 10 (Masséna, p. 60). C'est sans doute le 9 qu'il faut lire et non le 10. .Masséna dut recevoir cet ordre assez tard dans la journée du 7 et ne jiut s'ébranler (pie le 8 au matin.
7. Ordre à Sérurier, 7 mai (Arch. G.). Cet ordre ne dut parvenir à Sérurier que dans la soirée du 7, et il ne put se mettre en route que le 8 au matin, comme Masséna. « Au reste, il fera ce qui lui paraîtra le mieux, on s'en rapporte à son zèle », lui écrivait-on. — D'après l'ordre du jour de Berthier, 8 mai, Sérurier était arrivé ce jour-là à Voghera, au lieu de Casteggio.
Quant à l'artillerie, sauf les six pièces légères attachées à l'avant-garde et trois autres que le général Dujard a ordre d'envoyer « n'importe comment», le 7 à midi, à Castel San-Giovanni', elle est encore en arrière ; son action est lente, et c'est en vain que Bonaparte multiplie à son adresse les exhortations et les admonestations -.
En somme, le 7 mai, 18 floréal, au soir, Bonaparte avait déjà porté sur la rive gauche du Pô, l'élite de son armée, en quantité telle qu'il pouvait faire front efficacement à l'irruption éventuelle de Beaulieu dont il ignorait alors les résolutions.
Bien qu'abusé jusqu'à la dernière minute par les feintes démonstrations de Bonaparte, Beaulieu, depuis le 4 mai, se montrait assez perplexe en constatant qu'aucun mouvement sérieux n'était tenté devant ses lignes, et il conçut quelque inquiétude à la pensée que les Français pouvaient peut-être manœuvrer sur sa ligne de retraite. Il envoya à tout hasardle général Lipthay, avec sept bataillons et six escadrons, par Pavie, Belgiojoso, Corte Olona, Santa-Cristina et Somaglia sur Guardamigho et sur Plaisance^ Quant à lui, il s'obstina dans son ancienne position. Mais le 6 mai, renseigné exactement sur la marche de flanc des Fi'ançais et sur leur concentration dans la direction de Plaisance, il ne put conserver de doute et ne laissant en Lomelline qu'un rideau de deux bataillons et deux escadrons, Beaulieu, alors que Bonapai-te le supposait toujours massé autour de Valenza, porta Schiibirz avec trois bataillons et deux escadrons au secours de Lipthay, tandis que lui-même, avec sept bataillons et douze escadrons, s'achemina sur Belgiojoso. Sebott(mdorfr garda Pavie avec six bataillons et six escadi-ons, faisant évacuer les vastes magasins de cette place. CoUi ' et 'Wukassovich se re-
1. Ordre au g"' Dujard, 6 mai (P.e.sistre G 23/35, Arch. G.).
2. Le parc d'artillerie avait ordre de partir de Tortone le 6 mal, d'aller coucher le 7 à, Castegaio, le 8 à Castel San-Giovanni, avec le plus de cartouches et de fusils possible. La 14« demi-brigade de première formation qui rejoignait la division La Harpe et devait partir de Toitone le 7, servait d'escorte, ainsi que la 3« légère (alors 15«) qui, à Oneille, le 3 mai; à Albenga, le 4 (lettre de Ristori, chef de la iS» légère, 3 mai ; Arcli. G.), accourait à niarclie forcée pour rejoindre (Ordre à Dujard, 6 mai, et Registre G 23/35, Arch. G.).
3. G' Rustow, p. 128. Napoléon: Campagnes d'Italie, dit huit bataillons et huit escadrons.
4. Colli, r.incien général en chef de l'armée sarde, redevenu général autrichien, sous les ordres de Beaulieu.
plièrent du Tessin sur Buiïalora, avec quatre bataillons et deux escadrons, couvrant Milan dans l'éventualité d'une agression par Verceil et Novare. Ces divers corps parvinrent dans l'après-midi du 7 mai aux points qui leur avaient été assignés. Liptliay en arrivant à Guardamiglio connut la nouvelle du passage des Français, le matin, et la révéla aussitôt à Beaulieu. Il employa la nuit à se fortifier dans Guardamiglio et dans Fombio, et reçut un bataillon de renfort qui venait de Santa-Cristina. 11 disposait ainsi d'environ 8,000 h. et il aurait pu infliger à Dallemagne et à ses 3,000 grenadiers une défaite certaine, si La Harpe et Augereau n'avaient pas été en mesure d'accourir à la rescousse de l'avant-garde '.
La plaine de la rive gauche du Pô est sillonnée de chaussées qui traversent de nombreuses rizières, de canaux d'irrigation qu'on appelle dans le pays, suivant leur largeur, roggia, roggione ou rogioncello. Sur ce terrain coupé, où l'on n'avance que sur d'étroites digues, l'avantage n'est pas au nombre, mais à la qualité des troupes. A une lieue du Pô environ, est le village de Guardamiglio où Lipthay était arrivé le 7 ; plus en arrière, à 3 kilomètres environ, le petit village de Fombio, et à 3 kilomètres encore plus loin, le gros bourg de Codogno.
Le matin du 8 mai, 19 floréal, « on s'aperçut que les clochers et les maisons du village étaient crénelés et remplis de troupes ; que les chaussées étaient occupées par du canon ■^». Il fallait en déloger l'ennemi avant qu'il fût plus nombreux et plus entreprenant, et avant que l'on fût contraint de livrer bataille « avec une aussi grande rivière à dos ».
Lipthay qui, la veille, avait montré trop de circonspection et de mollesse, en ne cherchant pas à entraver le passage du Pô, et avait mal à propos retiré les escadi'ons napolitains du colonel Federici, prêts à assaillir l'avant-garde française, avait mis la nuit à profit pour mettre les villages en état de défense ^
L'avant-garde s'avança en trois colonnes, chacune de deux bataillons, guidées, celle de gauche par Lannes *; celle du centre,
1. C Rustow, p. 129; Masséna, p. 60, dit 4 à 5,000 fantassins, 1.200 cavaliers; Bonaparte (lettre du 9 mai au Directoire, Arcli. G.| dit 6,000 li. et 2,000 clievaux.
2. Napoléon : Campaf/iies d'Halle. — Il dit à tort (|ue ce fut à 1 heure api'esmidi que l'on s'aiierçut de la présence de la division Lii)tliay. Déjà dans sa lettre au Directoire, du 9 niai, il avait écrit : « sur les midi ». Dés la matinée, Guardamio'lio était occupé par les Français, ainsi que l'atteste un billet de La Harpe daté de midi, 8 mai {.Arcli. G.). Rustow se trompe ég^alemcnt en plaçant au 7 mai l'enuasçemcnt de Guardamiirlio, et l'arrivée de Lipthay à midi. Lipthay, bien que parti le 4, le 5 au plus tard, de Pavie, ne mit aucune diliireuce dans sa marche et ne dut arriver à Guardamiglio qu'après midi, le 7, sans quoi, il serait surveim au didjut du passage du fleuve, et sans avoir à l'aire preuve de beaucoup de décision, il aurait certainement teuté de s'y opposer.