‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 538 sur 622 · Pietro Verri ; cité par Cusani, p. 3G · texte numérisé non relu

Pietro Verri ; cité par Cusani, p. 3G

2. Mcicliiorc Gioja, ne à Plaisance en 1767, mourut en 1829. (Voir Cantù, t. XIII, p. 51G; Cusani, t. V. p. 20.)

3. Il était de Novare et ami de Pietro Verri. Il fonda en août 1797, avec le chirurgien Buzzi « Le Tribun du Peuple », que Bonaparte fit sujipnnicidès le troisième numéro.

4. Né en 17H4, mort en 1828, était à Piome secrétaire du duc Luigi IJrasclii Onesti, neveu du pape Pie VI.

un ancien tailleur, le frénétique improvisateur Francesco Gianni, évadé de Rome après l'assassinat de Bassville, futur « Tyrtée de la Cisalpine ' », et cent autres écrivassiers agités qui, plume ou poignard en mains, rivalisaient en tapage et en propositions l'éformatrices, encore plus grotesques que malsaines, s'épancliant en déclamations furibondes contre l'ancien ordre de choses que beaucoup d'entre eux avaient pourtant encensé ^.

Le fameux républicain d'Alba, Antonio Ranza, « l'Ami du Peuple », on le pense, n'était pas en reste avec tous ces écrivains, ces folliculaires, ces improvisateurs de la rue. Si d'autres comparaient Bonaparte à Scipion ou à Annibal, Ranza, sans sourciller, l'appela Jupiter, atteignant du premier coup le dernier degré de la llagornerie^ Jupiter cependant fourbissait ses foudres pour Ranza et pour ses acolytes; mais à ce moment, il applaudissait encore aux excès de cette « bordaglia giornalistica* », alors qu'elle fondait fiévreusement feuilles et journaux, « écrits de toute espèce qui vont embraser l'Italie, où l'alarme est extrême * ».

Celte fièvre patriotique finissait par donner peu à peu le frisson aux plus tièdes et il en résultait une certaine agitation, au moins à la surface. On a vu avec quelle belle impudeur les femmes, les dames de la plus haute noblesse, faisaient parade de leurs sentiments. La contagion gagnait de proche en proche. On évoquait à tout propos les grands souvenirs de la Grèce et de l'ancienne Rome et chacun se croyait sérieusement, à tour de rôle, un Brutus, un Scipion, un Régulus, un Menenius Agrippa, un Timoléon ou un Mucius Scevola. On voulait voir dans chaque dame patriote une Clélie ou une Cornélie. C'était comme une mascarade historique copiée sur celle de France, plus risible heureusement que terrifiante''. On commençait à porter au ciel la France etlaliberté^ « Les chansons politiques sont dans la bouche de tout le mondes »

Milan n'était pas seul à se laisserenvahir par cette effervescence démocratique; elle se propageait aux environs. FeliceLattuada, le curé deVarese, accouru à Milan, dépêchait son fidèle Celso Mozzone pour annoncer les nouvelles à Varese, y dresser des arbres

1. « Jarii [sic] petit bossu, railleur né par la nature, plein de moyens, passe pour être le plus habile de l'Italie. Je l'ai vu à un souper à la cassine des Pommes. » (Notes du s»' Dcsaix; Arcli. G.)-

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