Bonaparte au Directoire, 11 juin [Arch. G
de liberté'. A Lodi, sur le piédestal de la statue de Saint Jean- Népomucène, écorné par les boulets autrichiens, Ranza, c orateur révolutionnaire de laLombardie », fîtériger une colonne surmontée d'un coq gaulois, et brûler l'aigle à deux têtes de la maison d'Autriche. A cette occasion, il prononça une harangue enflammée où il se congratula lui-même, se targuant d'être « un apôtre et un martyr de l'égalité », « un missionnaire quinquennal de la propagande italienne- ». A Pavie, un nouvel arbre de la Liberté s'éleva solennellement, le 16 mai, entre la cathédrale et le palais épiscopal, en présence du général Rusca ; mais comme il avait pour vis-à-vis « la Regisola», une statue équestre de bronze antique, représentant un cavalier romain, dont on ignorait le sujet, mais où l'on se plut à voir l'effigie d'un tyran, un tel voisinage parut trop aristocratique pour l'arbre libérateur et on renversa sans façon le bronze séditieux, que vénéraient tous les Pavesans, non sans protestations, sans cris et sans résistance de la part de la population*.
A Côme, l'adjudant général Valeri, compatriote de Saliceti, alla porter la l)onne parole*, après que l'adjoint d'état-major Rallct fût allé, le 1<S mai, avec 50 cavaliers, prendre possession de la ville et apposer les scellés sur les magasins ^. Côme députait auprès de Bonaparte, pour l'honorer, un de ses plus insignes patriciens, le comte Giovan-Battista Giovin, ami dé l'illustre Volta'^. Mais ValeVi se lit conspuer pour son arrogance, ses excentricités et ses extorsions ' ,
L'enthousiasme, il faut le reconnaître, n'était pas égal partout. A Magenta, par exemple, aux portes de Milan, Meizi, qui était le plus grand propriétaire du pays, dut écrire au curé pour lui recommander la soumission à la République, tant il craignait le pire * .
Dans la banlieue immédiate de Milan, on fut plutôt froid. Les campagnes, où les peupliers abondent, se soucièrent peu d'ériger des arbres de la Liberté, et quand, par exception, quelque patriote s'avisait d'en planter un, l'arbre était arraclié pendant la nuit par