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giner ce qu'elle fut entre les mains de ces deux aigrefins. Le scandale n'éclata point toutefois immédiatement ; Haller, « homme d'une habileté et d'une dextérité peu communes, savait mieux que personne pressurer un peuple conquis ' ». Le fui Bernois avait su d'ailleurs se rendre indispensable, et il tenait, par la nécessité où ils se trouvaient de recourir à ses bons offices, ceux qu'il ne tenait point par une communauté de crime, une complicité dans la concussion -.
A côté de ce filou de haute volée, opérant cyniquement, au nom et sous la protection de l'armée, pour ses propres intérêts, l'administration même, l'administration officielle, si l'on peut dire, j-estait intègre, pure de ces malversations que couvrait trop l'indulgence des autorités. Elle aussi avait été réorganisée par Chauvet, à l'arrivée de Bonaparte. D'une bravoure médiocre pour la plupart, parce qu'ils n'étaient « qu'agents civils, tandis qu'il leur faut plus de courage et d'habitudes militaires qu'aux officiers mêmes' », certains commissaires avouaient et se faisaient presque gloire d'avoir peur » ; l'un d'eux mourut littéralement de peur, après Castiglionc. Leur moralité était heureusement fort audessus de leur moral. Tandis que Sucy restait à Gènes, chargé de l'approvisionnement, les autres commissaires des guerres élaient répartis entre les divers services *.
Mazade s'occupait du trésor, des postes, de l'administration générale; Gosselin, des hôpitaux; le Suisse Boinod, l'honnête et digne Boinod, un fidèle des anciens jours lui aussi ^ républicain impénitent, pourvoyait aux équipages de l'artillerie, préludant ainsi à sa noble et vénérable carrière ; H. J. Léorat surveillait les vivres-pain et les vivres-viande ; Alexandre Léorat, la comptabilité, la solde, les effectifs, les logements; Bonnal avait les fourrages, le chauffage, riiabillement, l'équipement, le campement; Deschamps, les outils du génie, les ambulances. Au quartier général, Morel centralisait toute la comptabilité et les revues, pendant qu'Aubernon opérait avec l'avanl-garde.
Depuis le départ de Desgencltes, qui avait regagné Paris, et après le refus de Bourdais de la Motte, le médecin de Talleyrand, ie service de santé de l'armée n'avait personne à sa tète. Lacour