Sieyès (Emmanuel-Joseph-Gomes), né à Fréjus, le 3 mai
ANNi?E 1707. 245
instances pour faire partie du Directoire, dénotent Texistence d'une combinaison politique.
Sur ce dernier point, le vainqueur d'Arcole ne fut pas plus heureux que son lieutenant Augereau. Gomme Hoche, à propos du ministère de la guerre, Bonaparte se vit écarté à cause de l'âge; il n'avait pas trente ans.
En tout cas, ces démarches, ces mouvements de troupes, le souvenir des événements encore récents de fructidor, n'avaient pas été sans éveiller la méfiance des membres du gouvernement. De tous les côtés parvenaient des renseignements et des plaintes relativement à la conduite du général Bonaparte en . Italie. L'orage grondait. Il était menaçant.
Bonaparte le comprît. Il se tint tranquille. En politique, comme eu guerre, il avait l'habitude de tourner les difficultés. Il n'abordait de front que celles dont il pouvait avoir aisément raison. Caché dans son hôtel de la rue de la Victoire, il évitait de se montrer en pcblic. Le 21 -janvier, pour assister à la cérémonie de l'anniversaire de la mort de Louis XVI, il revêtit le costume de membre de l'Institut, où il venait d'être nommé en remplacement de Carnot, sa victime de la veille.
Le 10 février, sous prétexte d'examiner les points d'embarquement du corps expéditionnaire d'Angleterre, il s'esquiva en compagnie de Bourrienne, pour visiter Étaples, Ambleteuse, Boulogne, Calais, Dunkerque, Fumes, Newport, Ostende, Anvers, Bruxelles, Lille et •aint-Quentin. De retour à Paris,
1748, mort à Paris, le 20 juin 1806, devenu président du Séna grand officier et comte de TËmpire.
HQ BONAPARTE A PARIS.
il fît part de ses observations, relativement au peu de chances de réussite que lui paraissait offrir le projet présenté. Ce fut alors qu'il émit de nouveau ridée d'une grande opération militaire et politique en Orient,
Cette insinuation arrivait à point. Les Directeurs ne demandaient pas mieux que de se débarrasser d'un personnage aussi absorbant. D'autre part, notre consul en Egypte, le citoyen Magallon^ venait de faire parvenir un rapport très étendu et fort bien présenté sur les avantages à retirer d'une occupation eflective de TÉgypte ^ On reprit donc l'ancien projet de Talleyrand. Les plans de Bonaparte furent acceptés. Le 12 avril, il était nommé général en chef de l'armée d'Egypte. Dès le lendemain, des ordres étaient donnés ; Beauharnais et Louis Bonaparte partaient à Lyon pour presser les arrivages de troupes.
Un incident diplomatique faillit pourtant tout remettre en question. A Vienne, l'ambassadeur français, le général Bernadotte, avait été l'objet d'une manifestation hostile de la part delà population. Il s'ensuivit un refroidissement entre les deux puissances, refroidissement qui faillit amener la rupture du congrès de Rastadt. Bonaparte voulait retourner auprès de Cobentzel. Le Directoire n'y tenait guère; il désigna François de Neufchateau pour se rendre auprès du plénipotentiaire autrichien.
L'affront était direct. Bonaparte le sentit. Il voulut renouveler ses scènes de colère de l'année précédente, s'emporta en pleine séance du Directoire et finalement offrit sa démission. « Signez, vous avez