‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 157 sur 185 · PIÈGE N^ XVIII · texte numérisé non relu

PIÈGE N^ XVIII

PAUMNE A FRÉRON.

Marseille, U messidQr «a IV (juillet 1796),

« Je reçois à mon retour de la campagne ta charmante M lettre qui m'a fait tout le plaisir possible. J'ai l'esprit « plus tranquille depuis que je l'ai relue, car je ne dor- « mais pas, même à la campagne, où l'on cherchait à me v distraire par toutes sortes d'amusements. U ne s'en est « guère fallu que tu n'aies perdu ta Paulette : j'ai tombé « dans l'eau en voulant sauter dans le bateau; heureuse- « ment on m'a secourue à temps. Que cela ne t'inquiète M pas, cet accident n'a eu aucune suite. Lucien part pour « Paris dans ce jour. »

c Addio, anima mia, ti amo sempre, mia Tita, c NOB so di chi sobo amante,

• Ma BO ben ehe al tao &embiai\le

• Tulto ardor pressa il mio cuore,

• Egli ë caro il tuo pressa « Sul tao Tolto, s'io ti miro

t Fugge ràlma in un sospiro

• E poi riede in mio petto

a fer toroare à sospirar, '

PIÈGE No XIX.

DÉPÊCHB OU COMTE d'AnTRAIGUES AU COMTE d'aVÂRAT.

Dolo, 31 août 1795.

«... Nos amis vieanent d'adopter outre l'écriture « blanche un chiffre de rapport et par tables qui est « un casse-tête ; mon abbé y perd la vue et moi toute « patience. Us disent que cela devient de nécessité pour « tout ce qui a trait à la Vendée.

« Vous recevrez une petite bouteille à part dans un « paquet cacheté à mes armes. En voici l'usage :

« Ci-joint est une lettre en blanc que M. Hua a prise, « qui fut remise au roi seul.

« Nos amis lui ont fourni la matière pour écrire.

« Us me disent avoir ôté de cette encre l'addition de foie « d'arsenic qu'on ajoute pour Vempoisonner^ afin que ceux « qui voudraient chauffer le papier soient les premières « victimes.

« Mais ils peuvent s'être trompés et croire l'avoir fait et « ne pas l'avoir fait.

« Je n'ai pu faire moi-même l'opération, la lettre étant « un secret pour mes amis et pour moi. Je vous l'envoie. « Voici, avant d'en laisser approcher le roi, ce qu'il faut « faire. Vous vous mettez un mouchoir sous le nez qui « ferme les narines.

« Alors avec un pinceau vous peindrez la lettre avec la « liqueur blanche que je vous envoie.

« Vous laisserez bien sécher la lettre.

« Quand elle sera bien sèche, le roi peut la prendre et « la lire, j'en réponds.

« ...Vous exprimer là pro fondeur de mon chagrin sur nos

c( malheurs de Quiberon est impossible. Jamais rien^ excepté

« Vévénement du 21 janvier 1793, ne m'a autant déchiré et

« anéanti. La mort de Sombreuil est un coup de stylet. »

« Adieu, cher 200 »

PIÈGE No XX.

Nomination du capitaine lodis bonaparte au 5« hussards. Rapport présenté au Ministre

Bureau des officie» ' Le 23 rructidor de Tan IV de la République généraui» française une et indivisible.

BoosAPARTB, aide de camp Le citoyeii BiLonaparte aide de

S;SHf-ordt*'d-l.«"«t! «^amp du général enchef de l'armée

ché au 5* régiment de hussards dltalîeservaitdaQsrartillerieavaiit

dans son grade de capiiaine, ^q passerà l'état-major. Par arrêté

Se concerteTaTec le 3» bu- du 4 de ce Hiois, le Directoire exé-

reau; - pourquoi cet officier cutif l'a proiïiu au grade de capi-

ZP^^^^T' " taine, mais attendu le régime parti-

culier, l'avancemeulque cet officier

a obtenu ne peut lui compter dans

cette arme, où lui-môme ne compte

plus, depuis qu'il a été appelé à des

fonctions d'état-raajor. Pour éviter

rinconvénient de ne tenir à aucun

corps, s'il cessait ses fonctions, il

demande d'être attaché dans son

grade au 5° régiment de hussards.

Sur la communication donnée de sa demande au bureau

de la cavalerie, il a été répondu que les lois s'opposaient

au passage d'une arme dans l'autre.

L'autorité seule du Directoire exécutif peut donc opérer le changement demandé.

Le ministre décidera si la proposition lui en sera faite. {Il n'y aurait aucune difficulté de V attacher à une demi-brigade d'infanterie).

(Proposer au directeur de l'attacher à la cavalerie pour prendre rang).

Nota, Ce rapporta été communiqué à l'artillerie; Torganisalion particulière à cette arme ne permet pas d'y attacher le citoyen Bonaparte,

429 APPENDICfi.

PIÈCE N» XXÎ.

Pétition db Louis Bonaparte pour demander son grade >

DE CHEF d'escadrons.

(Autographe.)

Ciloyen Directeur,

Louis Bonaparte^ aide de camp capitaine du général en chef de l'armée d'Orient depuis quatre ans, demande au Directoire exécutif le grade de chef d'escadrons, à dater du 44 messidor au V, jour de l'assaut et de la prise d'Alexandrie.

A cette époque, le général en chef lui fit signifier par le général chef de l'état-major général qu'il était promu au grade de chef d'escadrons, ainsi que l'aide de camp Jakowskî, mais le général en^ chef ne crut pas ensuite devoir lui donner un brevet provisoire, étant dans l'intention de le charger de l'honorable mission de porter au Directoire exécutif les drapeaux conquis par Tarmée d'Orient.

Salut et respect.

Louis Bonaparte.

Renvoyé au ministère de la guerre^ pour faire un rapport spécial.

Paris, le 6 messidor an yil«

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