Le régiment arriva à Auxonne le 18 décembre
2. Gribeauval (Jean-Baptiste Vaquette de\ ne à Amlenfe le 15 septembre 1715, mort à Paris le 9 mai 1789.
S. Mss. Aix^hiTe* de la guerre.
<c II a le plus grand intérêt à aller assister aux délibérations des États de Corse, sa patrie, pour y discuter des droits essentiels à sa modique fortune et pour lesquels il €st obligé de sacrifier les frais de voyage et du retour, qu'il ne se déterminerait pas à faire sans une nécessité absolue ^ »
Grâce à M. LeSancquer, Bonaparte entrait de suit^ en possession de sa permission, et, quinze jours plus tard, à la Noël, il était de retour à Ajaccio. Il avait vu en passant à Aix, son frère- Lucien. Celui-ci s'y trouvait alors au collège, en attendant de pouvoir entrer au séminaire. 11 venait d'avoir quinze ans.
A Ajaccio, Bonaparte ne songea plus qu*à ses travaux personnels. Les grandes affaires de Corse, dont il avait fait tant d'étalage auprès de M. de Gribeauval, ne le préoccupèrent que médiocrement. En réalité, à part son immixtion dans les nombreux démêlés de sa mère avec M. Souiris, l'économe, et un voyage à Bastia, où son frère Joseph venait d'arriver pour lâcher d'y obtenir une position, il passa son temps à terminer l'ouvrage historique dont l'abbé Fesch était le confident.
Dans les premiers jours de mai, il quitta l'ile. Il était tout à la joie. La fortune et la renommée, il les tenait dans la main, disait-il : c'était son histoire de Corse, cettc^fois bien achevée et dédiée au frère de son ancien protecteur, à Mgr de Marbeul, le nouvel archevêque de Sens. Et Bonaparte n'avait pas vingt ans!