A rhôtel Cyprières, rue Lafont
nistration du district d'Ajaccio. Mais de tels empêchements n'étaient pas faits pour arrêter les Bonaparte. Sans aucun scrupule, Joseph s'attribua le titre de lieutenant-colonel de son frère. Les braves représentants du peuple n y virent rien. Et, le 4 septembre an II de la République, paraissait le décret suivant :
j « Les représentants du peuple Vu les circonstance»
« et les besoins de Tarmée destinée à réduire les rebelles « du Midy,
« Considérant que Tordre de la comptabilité et le main- « tien de la discipline vis-à-vis d*ennemis audacieox, « bien ordonnés, demandent dans toutes les parties de « Tarmée qui doit les combattre, une organisation forte « et régulière,
« Arrêtent : 1" Que le citoyen Chauvet, commissaire des « guerres seul employé jusques à présent à cette armée « est nommé commissaire ordonnateur et jouira des ap- « pointements qui sont alloués à cette classe, à compter « du jour qu'il est parti de Grenoble.
« 2° Qu*il lui est adjoint Joseph Buonaparte,<ictuelîemefit « lieutenant-colonel d'infanterie^ en qualité de commissaire « des guerres de première classe.
« A Marseille, le 4 septembre «m II de la Répablique française
« Escudier, Albitte^ Gasparin, Salicetti.
a Le secrétaire de la Commission,
« Barasse^ »
1. Le décret confirmatîf est du 17 septembre 1793. Il est ainsi libellé :
« Le Conseil exécutif provisoire nomme le citoyen Buonaparte « adjoint aux commissaires des guerres... pour se rendre au « quartier général, sous les ordres du commissaire ordonnateur, « en chef Alexandre, à l'armée des Alpes. » (Mss. A. G.^
Mais cette métamorphose du bon Joseph ne devait pas être la seule. Dix années plus tard, quand il fui question de délivrer le brevet de colonel au citoyen Joseph devenu sénateur, les bureaux de la guerre réclamèrent au titulaire ses états de service. Voici ceux^ plus que fantaisistes dont ce dernier donna com* munication :
BREVET DE COLONEL pour h cîtoyen Joseph Bonaparte.
Élève d'artillerie en 1768.
Officier d'état-major en 1792.
Adjudant chef de bataillon en 1793.
Membre du corps législatif en Tan V.
Membre du sénat conservateur.
Graod officier de la légion d'honneur.
Colonel du 4« régiment de ligne.
A fait les Q^mpagnesde 1*793 et 1794, blessé légèrement au siège de Toulon.
J. Bonaparte.
Pour copie conforme :
L'officier-payear,
Rimond^.
Or, Joseph Bonaparte n'avait été ni élève d'artillerie, ni officier d'état-major, ni adjudant chef de bataillon. Enfin, il n*avait pas plus fait les campagnes de 1793 et de 1794, étant resté à Marseille, qu'il n'avait été blessé au siège de Toulon. Quant à son