‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 173 sur 190 · PIÈGE N° X · texte numérisé non relu

PIÈGE N° X

Mémoire de Bonaparte pour la Convention

Position politique et militaire du département de la Corse

au \"juin 1793.

Il y a en Corse deux pouvoires différents : les Commissaires de la Convention et le général Paoli. Il y a deux forces armées en opoi^ition; d'un côté, les troupes du continent de la République réunis avec quelques bataillous d'infanterie légère corse; de l'autre les gardes nationales aux ordres de Paoli. Il existe en Corse plusieurs opinions politiques : lies indépendants, les républiquains et les aristo^ crates.

De qtiel manière se sont formé ces deux pouvoirs? quel est leur position respective ? sur quel point de vu cherche ils a se montrer au public? quel est la proportion de force des différentes factions? quel est la force numérique? quels sont les moyens militaires? et quel poste occupe les deux partis?

Tels sont les différentes questions que l'on peut se proposer et auxquelles je vais répondre* ?...

La Convention envoya des commissaires en Corse, il prévint l'esprit de la nation contre eux. Le département n'envoya point de commission pour les recevoir lui faignit d'être malade la gendarmerie areta sous leurs yeux des personnes de leur suite le commandant de la forteresse de Bastia ne voulut point les y recevoir, il voulait obliger les commissaires à flaichir devant lui, car il les craignait, il se tenoit en mesure prompte à pouvoir s'il le faloit

1. Les paisages pointillés sont cités toat aa long dans le Chapitre TIII.

jettr tout de suitte le masque ou prendre tout autre résolulioQ.

L'adroit Salicetti un des commissaires sous prétexte de voir sa famille se porta à Corté, vit Paoli qui le caressa beaucoup et qui voyant les commissaires dispon'j à tout dissimuler écrivit de belles lettres et les fit reconnaître par le département pendant ce temps-là tous les vrais républicains s'empressaient d'entourer les commissaires, la plupart des district, des tribuneaux, qui éiSLientpatî'ùt' leur envoyaient des députations moitié par adresse moitié par force l'on s'empara du fort de Bastia et de Saint- Florent et peu a peu les commissaires gagnaient t(jrnn et suylantoient le parti paoliste lorsque le décret de la Convention qui suspendait Paoli et Vwppeloit à Paris arriva et précipitât toutes les mesures.

Paoli au lieu de se rendre à Paris leva le bouclier renforça la garnison d'Ajaccio, envoya un commissaire pour augmenter celle qui était à Calvi fit désarmer à la Porta, à nie Rousse le dettachement francois refusa de recevoir deux compagnies des bouches du Rhône, dans le même temps il envoya des commissaires dans tous les districts fit arrêter tous les principaux patriotes épouvanta les autres en faisant brûler les maisons dévaster les biens de ceux qui étaient les plus accrédités parmis le peuple et dont il connoissait la probité.

Tous ces mouvements ce firent à la fois dans le temps même qu'il écrivait de belles lettres à la Convention et aux commissaires, qu'il prétextait son âge et ses infirmités qui sopossaient à. son zèle et à l'envie qu'il aui^oit eu d'aller à Paris sans faire attention que posso diborgo n'avait pas les mêmes prétextes et que cependant il était toujours dans son gabinet.

L'agent que Paoli envoya à Calvi fut prévenu et les bons patriotes de cette ville, jointes à la garnison du 26« à l'équipage de la perle et de la proselite qui étoit en rade chassèrent le bataillon qui y était et firent prison-

nier le commandant. L*on a trouvé une correspondance de deux ans entre Paoli et ce lieutenant-colonel qui décelé toute la profondeur de sa perfidie.

Les commissaires suspendirent le département et en créèrent un nouveau à Bastia ainsi que leonetti commandant de la gendarmerie qui leur envoya sa démission qu'ils refusèrent pour Je casser.

Dans cette position Paoli était maître deTîIe ayant plus de cinq cent otages qui lui assurait du parti républicain et ayant effraiez le reste il convoqua une Consulte à Corté il donna une nouvelle organisation, un nouveau mod delection. Voici ce qu'a décidé la Consulte.

Paoli, créé généralissime, les biens de tous ceux qui servent dans les bataillons à la solde de la République confisqués si sous huit jours ils ne rentrent, les biens de tous ceux qui sont réfugié à Bastia, Calvi, Saint-Florent ou aillieurs confisqué notlament le général Casablanca — l'on percevra une imposition patriotique selon un nouveau mody l'on a fait des donts patriotiques. Ton a /îmYpar dire que l'on voulait être français.

Pendant ce temps là, les commissaires avec quatre cents hommes et deux fregattes se transportèrent a Ajaccio. Il devait y trouver un grand nombre de bons patriotes au moins au nombre de mille puisque hormis un petit parti dirigé par Peraldi toute la vUle était pour la France, trois cent cinquante Suisses, cent hommes du 42*, cinquante hommes du o*2«, deux gabarres et l'équipage du Vengeur. Les commissaires avaient avec eux un train d'artillerie, ils devaient forcer la citadelle et en chasser les rebelles. Ils partirent de Saint-Florent avec le plus grand secret. Mais ayant eu mauvais temps ils restèrent sept jours en mer^ Paoli eut le temps d'envoyer deux mille hommes à Ajaccio, de faire arrêter soixante des meilleurs patriotes, de s'emparer de tous les postes, de brûler et dévaster les biens des familles Buonaparte, Multedo, député à la Convention, et de plusieurs autres etc, etc.. Les commis-

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saîres ne se trouvèrent plus en foi'ce, ils durent s'en retourner, dans une décente ils prirent quelques prisoniers, ils avaient sur leurs armes écrit Paoli, d'autre y avait une croix.

Dans le même temps les rebelles ont tentés de ravager le territoire de Calvi, ils ont été repoussé et ils ont perdu quarante hommes.

Les commissaires de la Convention en Corse, regardent Paoli et ses adhérents comme rebelles, ils traitent comme tel tous les prisonniers qu'ils font les armes à la main.

Le département cherche à faire regarder les commissaires comme agent d'une faction qui veut placer Égalité sur le throne il a eu l'impudence d'imprimer une pareil bêtise tandis que quinze jours avant il avait fait une circulaire pour qu'ils fussent reconnus. Paoli dit à qui veut l'attendre que les commissaires sont les agent des Génois cette dernière asertion n'étant que pour la populace, elle n'a jamais été imprimé.

Quelle est la force numérique ? quel sont les moyens militaires? et quelles postent auccupent les deux partis.

La République a en Corse, trois mille cent hommes de troupes du continent et à peu près douze cents Corse à la solde. Total quatre mille trois cents.

Elle a une assé bonne artillerie de campagne et ne manque de rien. Bastia, Calvi, Saint-Florent, le Cap Corse, le Nebbio sont en son pouvoir.

Paoli peut comter six cents hommes, mais qui sont à la fois cultivateur et militaire il a Ajaccio et Bonifacio avec le reste de la Corse, il a soixante mille de poudre, deux mauvaises pièces de campagne et les farines qui se trouvaient k Ai^iccio qui étoit en assé grande quantité... »

BUONAPARTE, eajritaioe d'artillerie as 4* régimeiit.

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