SCENE II
JDSTINE, à lu cantonnade.
.le vous dis de retourner à voire jardin... ou je vous fais donner volic compte.
BONAVUMbUE.
Qu'avez-vou.-f donc, délirante ('œuriot' sericzvous piijuco i'cir une abciiio?
JUSTINE
Cette madame Larose, qui se permet de venir jusqu'ici pour me faire une scène.
BONAVE>TCBE.
OÙ prenez-vous madame Larose?
jrSTINE.
Eh bien ! la jardinière.
BONAVENTDRE.
Ah! cette marchande de panais!... je l'avais bannie de mon souvenir.
JCSTINK.
Elle prétend que je lui fais du tort... que je vous accapare.
BONAVENTCRB.
Pauvre femme, je la plains... elle me perd.
JUSTINE
Certainement, je ne vous ai pas inQuencé.
Non, vous m'avez dit seulement qu'avec mon physique d'hidalgo je n'étais pas fait pour gratter la terre... qu'il existait dans le monde des conditions plus honorables... celle de laquais, par exemple... Du reste, vous ne m'avez pas du tout influencé.
JUSTINE
Et vous êtes content, monsieur Bonaventure ?
Vive l'antichambre!... j'étais né pour l'antichambre. (Changeant de ton.) Mais je pense à quelque chose ! Si la douairière de céans allait ne pas vouloir de moi, malgré la défroque de feu Cœuriot, votre époux, que je porte à son tour?
JUSTINE
Je voudrais bien voir ça!... Madame est en visite dans les environs; mais sitôt qu'elle reviendra, je vous présenterai a elle, et je suis siire que vous lui plairez... Seulement, je dois vous prévenir que madame se figure qu'elle est femme auteur... qu'elle écrit des mémoires.
Ils doivent être curieux ses mémoires... un tas de vieilles rengaines!...
JUSTINE
C'est égal, il faut toujours avoir l'air de lui croire du génie, si on veut avoir des gratifications.
Je la comparerai à M''^ Deshoulières ou à M. Ducray Duminil, auteur des Soirées de la chaumière. Du rcsic, vous croyez qu'elle n'a pas d'aversion pour les bruns ?
JUSTINE
Au contraire.
BONAVEINTURE.
IS
BONAVBNTCRE. - Pour lors !... {Il va pour passer sa main dans ses cheveux.) Oh!..,
II s'arrête, de peur de de'ranger sa perruque. JCSTINE, à part.
Le fait est qu'il est bien mieux que mon perruquier. {Voyant entrer Leduc.) Ah I mon Dieu! le voilà... il arrive mal.
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