‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 157 sur 329 · L. IV, u» XXXIX ; I. V, n" xxvii · texte numérisé non relu

L. IV, u» XXXIX ; I. V, n" xxvii

qu'il ne souffre, qu'il ne s'indigne; mais il chuchote en dessous*, — sans protester tout haut^ Pour faire prévaloir les opinions auxquelles il tient, il recourt plutôt à la propagande clandestine, à des adresses même un peu louches. Et si sa sincérité naturelle semble parfois douteuse, c'est sa timidité qui en est la cause'. La lutte ouverte et franche, avec ses rudesses, le froisse, le dégoûte, le paralyse. Il a peur du bruit que font les autres; les colères de Luther le bouleversent et l'effarent : « Qu'est-ce donc que cet Achille, ce Philoctète, ce Cyclope, cet Hercule, ce Marius*?» Il n'a pas assez de toute sa mythologie pour s'exclamer. « Toujours pleurant et gémissant^ », éperdu et navré, Bossuet nous montre au vif, non sans quelque ironie, ce faible de cœur que Luther lui-même appelait le «JéréraieS) de la Réforme.

Mélanchthon avait même ce symptôme ordinaire, et un peu ridicule, du défaut d'énergie : la prétention d'en avoir au bon moment. S'il «n'ose jamais parler», c'est qu' «il se réserve à de meilleurs temps » ; mais, dit Bossuet, « ce meilleur temps, ce temps de parler franchement ne vint

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