Voir ci-dessus, p
2. « Je sens bien qu'il ne suffit pas d'apporter des autorités pour prouver que les guerres civiles du siècle passé n'ont pas été des guerres de religion... Il faut rapporter des faits incontestables qui fassent voir la véritable origine de ces discordes civiles. » Hist. du Calv. et du Pap., t. I, p. 518.
3. Jurieu l'avoue {Ibid., Préface du t. I). Cf. E. Benoît, Hist. de l'Êdit de Santés : « Principalement pendant ces fâcheuses années, 1683, 1684, 1685, il (Jurieu) mit tant de livres au jour qu'on aurait dit qu'il lui fallait moins de temps pour les composer qu'il n'en fallait aux Réformés pour les lire,»
4. Cf. les textes cités par Chalffepié (Dict., art. Jirieu, note N.) Saint-Evremond en faisait grand cas; « un magistrat de Lyon en achète douze exemplaires et en distribue à ses meilleurs amis,» etc. Cf. les lettres de Leibniz au Landgrave Ernest du 20 mai 1684 et du 18 mai 1685 (Brief'wechsel, etc., édit, Rommel, t. II, p. 26 et 75.
sive qui ne manquait certes pas d'à-propos à un moment où la mystérieuse Conjuration des Poiidi'es occupait encore l'attention de l'Europe \
Mais de tous les ouvrages qui, au moment où Bossuet composait le sien, venaient de traiter des guerres du seizième siècle , aucun, sans doute, n'avait été reçu du public avec autant d'applaudissement et n'avait fait sur les esprits plus d'impression que la Critique générale de VRiatoire du Calvinisme de M. Maimbourg^, parue en 1682.
L'auteur anonyme de cette réfutation nouvelle s'adressait, disait-il, à ceux même « qui n'entendent point le latin. » A peine s'il toucherait, à l'en croire, à la substance des faits en litige. Il affectait de recevoir, les yeux fermés, les données de Maimbourg, vraies ou non^, content, pour sa modeste part, de tirer de ces faits la conclusion logique et de montrer aux gens de bon sens l'absurdité de la thèse du jésuite. C'est ce qu'il faisait d'une allure assez vive, passant des raisonnements aux récits, des discussions historiques aux considérations d'une morale humoriste, rompant au beau milieu une controverse grave par une anecdote gaillarde : — mélange piquant, où le lecteur diverti retrouvait, sinon l'indérobable finesse, au moins le sans-façon de langage, la variété d'entretien, et comme le parfum alourdi d'un Montaigne. — Du reste, en dépit de cette prétention d'éviter jusqu'à l'ombre du pédantisme, le spirituel écrivain faisait preuve d'érudition. Les curieux, les Nicaise, les La Monnoye, si nombreux à cette date et si larges dans leur tolérance S
1. Jurieu soutenait naturellement que ce complot avait été l'œuvre des Catholiques (L. M, chap. vu et viiij. Voir aussi la Politique du Clergé de France (1681.) — Cf. Ar.\allij, lettre du 2 juillet 168.3: « On a imprimé en 1680 un livre intitulé: Les Conspirations d'Angleterre ou l'histoire des troubles suscités dans ce royaume depuis l'an 1600 jusqu'en l'an 1679, où les Catholiques étaient représentés comme les auteurs de toutes les conspirations tramées contre l'État. »
2. Voir sur cet ouvrage, et pour tous les détails qui suivent, la Vie de Bayle, par Desmaizeal"x (édit. Beuchot du Dictionnaire, t. XVI, p. 67, 69, 70, 76).
3. Préfaces de la première et de la seconde édition; lettres VIII. ^o i, et XVII. n-» VI.