‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 309 sur 329 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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étaient menacés ne servirait tout au plus « qu'à former un préjugé spécieux contre leur séparation d'avec l'Eglise romaine»; — ils ne s'attendaient point que l'on en prétendit faire « une preuve invincible sous le poids de laquelle la Réformation demeurerait accablée'... » Mais quand on vit Bossuet établir, par un faisceau imposant de preuves au moins très spécieuses et bien choisies ^ que, dès le premier jour de la Réforme, le changement était devenu son état habituel et chronique ; — que ses docteurs n'étaient presque jamais arrivés à s'accorder entièrement, ni les uns avec les autres, ni souvent avec eux-mêmes; — que les Confessions de foi les plus solennelles avaient été ou changées ou délaissées ; — que la Réforme à peine née avait commencé de se morceler, et qu'elle se morcelait encore, comme par un vice essentiel de sa constitution, en sectes parfois irréconciliables ; — qu'enfin l'on y sentait partout «une religion bâtie sur le sablée), dénuée de cette stabilité de doctrine par laquelle la « vérité de Dieu » devait, disait-on, se reconnaître sur la terre, déshéritée de cette identité de foi où le chrétien du dix-septième siècle voyait le garant de l'excellence de sa certitude et le gage de sa sécurité spirituelle ; — quand on découvrit toutes ces fâcheuses conséquences que Bossuet, fortement appuyé sur l'histoire, avait tirées de l'axiome fondamental de son ouvrage, ce fut alors qu'on se décida, — par provision, pour ainsi dire, et faute de mieux, à nier cet axiome... Bossuet a raison de le dire* : c'est V Histoire des

■ 1. HiST. DES Ouvrages des Savants, août 1688, p. 453.

2. JuRiEu avoue {Lett. pastor., t. III, 1. vu, p. 156) que « sur le titre du livre, il s'était attendu de voir les raiDistres aux mains les uns contre les autres partout et sur tous les articles. » La thèse de Bossuet fut plus discrète et plus probante par cela même.

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