F. Bruxetière, Revue polit, et littér., 26 mai
aux faibles', » je pense que Bossuet, qui se flattait «d'apprendre sans cesse, d'apprendre de tous^, » n'a pas joui, sans en tirer parti, de ses relations avec les plus distingués des savants contemporains. Sans doute, avec cette docilité avisée, il sut recueillir tout le fruit possible de cet échange continuel de connaissances, de critiques, d'expériences et de conseils, qui s'entretenait autour de lui.
Au reste, nous n'en sommes pas réduits à de simples conjectures touchant l'influence que ce « milieu » a probablement exercée sur l'esprit de Bossuet et sur la direction de ses études. jNous pouvons mesurer assez exactement cette influence par trois ouvrages qu'il composa de 1670 à 1688 : Y Histoire de France, — le Discours sur l'histoire universelle , — la Tradition défendue touchant la communion sous une seule espèce.
Ce n'est pas, assurément, que les deux premiers de ces écrits méritent d'être considérés comme des œuvres de recherche critique et d'érudition approfondie. Il ne faut pas être plus ambitieux pour Bossuet qu'il ne l'a été pour lui-même. Le Discours sur l'histoire universelle avait uniquement pour but de rappeler au fils de Louis XIV, arrivé au terme de ses études, tout ensemble les faits importants de l'histoire du monde et les leçons morales ou politiques que Bossuet avait essayé d'en dégager, au fur et à mesure, à ses yeux. Quant à V Histoire de Finance, elle représente tout simplement le cours fait au Dauphin : c'est la collection des rédactions du prince, corrigées et refondues par Bossue^*, pour être publiées sous le