‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 60 sur 329 · Part. III, ch.ii, p · texte numérisé non relu

Part. III, ch.ii, p

taires ou des intrigues de cour. Ainsi, quand avant d'entamer le récit des guerres médiques, Bossuet expose les ressources et décrit le caractère du peuple grec, il est impossible de marquer avec plus de force qu'il ne le fait l'influence des philosophes et des poètes sur la société hellénique', l'action puissante que leurs nobles idées, propagées par une littérature populaire, ont eue sur une race éminemment sensible aux impressions morales, sur un peuple, comme dit Bossuet, « d'un naturel exquis. » Ailleurs encore , lorsqu'il considère l'énergie et l'élévation morale des générations de l'ancienne Rome, et qu'il se demande à quoi tenait cette abondance de caractères virils, il en signale une cause naturelle dans l'éducation très active et toute imprégnée de patriotisme qu'on donnait aux enfants. « Quand on a commencé à prendre ce train, les grands hommes, remarque-t-il avec bien de la justesse, se font les uns les antres, et si Rome en a plus porté qu'aucune autre ville qui eût été avant elle, ce n'a pas été par hasard, mais c'est que l'Etat romain, coï\si\\.\\é, de la manière que nous avons vu, était, pour ainsi parler, du tempérament le plus fécond en Jiéros-.y'> Partout Bossuet se montre aussi pénétré que possible de cette idée, que tout se déroule dans l'histoire avec une suite qui est une nécessité ; et en maints endroits il exprime, — avec la forte précision dont il aie don, — cette connexion logique, cet enchaînement inévitable de tous les faits sociaux, cette fatalité de raison qui règle aussi impérieusement le cours des événements de l'humanité que celui des phénomènes de la nature.

C'est qu'en effet, si Bossuet condamne, en tant que théologien, ces philosophes qui, «mesurant les conseils de Dieu à leurs pensées, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le reste se développe comme il peut^»; au contraire, quand il fait sa besogne d'histo-

1. Part. IH, ch. v, p. 500. Cf. sur la philosophie antique, part. I, huitième époque, et part. Il, ch. xvi.

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