Cf. plus haut, p. 80 sq
tro verse de la Perpétuité sur l'Eucharistie. Les protestants soutenaient qu'en cela, comme en bien d'autres choses, le « papisme, » prétendu gardien de la tradition, se mettait en contradiction absolue aussi bien avec l'usage réel des premiers siècles qu'avec la lettre du récit évangélique de la Cène. Bossuet s'efforça de prouver, au contraire, par l'histoire de l'Eglise, que l'emploi de l'une ou de l'autre espèce ou de toutes deux, a toujours été tenu par les chrétiens comme une de ces pratiques indifférentes, où, sans péril pour la foi, le cérémonial pouvait se changer.
Cette thèse, exposée par lui dans le Traité de la communion sous les deux espèces, qu'il publia en iG82\ ne passa pas sans réplique de la part des protestants. 11 y eut en particulier deux réfutations : l'une, d'un ministre très érudit, très habile discuteur, et qui, comme dit Bayle, «allait serré» dans la controverse : Mathieu de Larroque^; — l'autre, d'un anonyme*. Bossuet l'avoue de bonne foi : «ces deux vigoureux attaquants'» lui donnèrent de la peine. Après eux, il croit bien que « la matière est épuisée ; » n'ont-ils pas « déterré toutes les antiquités, » et « suivi pas à pas » le Traité des deux espèces, « sans rien pardonner à l'auteur S»?
Bossuet a beau s'en plaindre; c'était bien fait pour lui. Il n'avait connu jusqu'à présent la contradiction que dans les matières de dogme ou d'exégèse, sur ce terrain des disputes métaphysiques où il n'y a le plus souvent ni