CHAPITRE IX
Simon est d'attaquer l'autorité des saint Augustin, des saint Grégoire de Nazianze, des saint Jean Chrysostome, pour favoriser les opinions des pélagiens et celles des sociniens. Bossuet se trouve suffisamment armé de la science nécessaire pour combattre la critique de ce savant grammairien ; et ce ne sont pas quelques difficultés grammaticales qui peuvent l'empêcher d'avoir raison contre un prêtre catholique qui semble avoir pris à tâche de ruiner le catholicisme dans ses principaux auteurs. 11 ne craint pas de se railler des prétentions élevées au nom de l'érudition (grammaticale par les amis du nouveau critique- Il prévoit bien qu'on l'accusera d'être prévenu contre la science qu'il ne possède pas, et de prêner l'ignorance. Il répond à cette objection par des emprunts faits à saint Augustin (1), qui n'était certes pas ignorant dans les lettres antiques ; et de lui-même il ajoute :
1 Je me réjouis, aussi bien que M. Simon, de la politesse que l'étude des belles lettres et des langues a ramenée dans le monde, el je souhaite que notre siècle ait soin de la cultiver. Mais il y a trop de vanité et trop d'ignorance à faire dépendre de là le fond de la science, et surtout de la science des choses sacrées. Et pour ce qui est de la scholastique et de saint Thomas, que M. Simon voudrait décrier à cause du siècle barbare où il a vécu, je lui dirai en deux mots, que ce qu'il y a à considérer, dans les scholastiques et dans saint Thomas, est ou le fond ou la méthode. Le fond, qui sont les décrets, les dogmes et les maximes constantes de l'École, ne sont autre chose que le pur esprit de la tradition et
(1)T. IV, p. 109-110.
des Pères : la méthode, qui consiste dans cette manière contentieuse et dialectique de traiter les questions, aura son utilité, pourvu qu'on la donne, non comme le but de la scieoce, mais comme un moyen pour y avaucer ceux qui commeucent.... On voit aussi par expérience que ceux qui n'ont pas commencé par là, et qui ont mis tout leur fort dans la critique, sont sujets à s'égarer beaucoup, lorsqu'ils se jettent sur les matières théologiques. Erasme dans le siècle passé, Grotius et M. Simon dans )e nôtre, en sont un grand exemple , . . Que le critique se taise donc, et qu'il ne se jette pas sur les matières théologiques, où jamais il n'entendra que i'écorce •.
Les adversai res de Bossuet ne manquent pas de lui reprocher qu'il se retranche derrière la théologie pour dissimuler son insuffisance dans les langues savantes; mais en cela ils lui font tort. On voit bien qu'il était exempt de prétention sur ce point ; mais on exagère son ignorance. S'il n'était ni orientaliste ni grand helléniste, il trouvait autour de lui, ou bien il cherchait là où ils étaient tous les secours dont il avait besoin {I); et
m t Sans atteindre i la perfection de la science des langues, je ae dis pis un saint Augustla, un el grand fiaif, mais tout liomme Judiciem et de boa esprit peut en écoulant cent qni les savent et en profllant de leurs tnoui, et enfin partons les secours qu'on a dans les livres, arriver à prendre le naâl des langues originales, el entendre les propriétés de leurs mots jusqu^a un degré surfisant, non seulement pour comprendre, mais encore pour soutenir invinciblement la lérilé. C'est ce qu'a lait saint Augustin. Il ne lautque voir comment Il s'est serti du travail de saint Jérôme enr l'bébren, «t comment il en a lire des avantages que saint Jérôme Ini-mênie pourrait n'avoir pas tirés... Nons serions bien malhenreni, si pour détendre lavérilé et la légitime Interprétation de l'Ecriture, snriont dans les matitres de foi. nous étions à la merci des hébralians ou des grecs, dont on voit ordinairement en toute antre chose le raisonnement si laible;et je m'étonne que H. Simon, qui Ait tant l'habite, ait l'esprit si court qu'il veuille faire dépendre la perfection de Is victoire de l'Eglise sur les pélagiens de la conmissance du grec. > <T. IV. p. S59; lUf. Ile la rrrH(.,partielI, liv. VII, eh. TU).