‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 56 sur 96 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tcurs de notre sorte ; et selon sa doctrine pfénérale, les vérités reli^^MCuses sont faites pour r*tre entendues de tous les gens de bonne volonté. Aussi ne néj,'lige-t-il aucune des ressources de son admirable plume pour les leur rendre intelligibles ; et sa gloire est d'avoir su persuader bien d'autres que des docteurs. C'est là ce qui nous encourage à nous approcherdes lumières qu'il nous présente si libéralement, et à nous défier de ceux do SCS ad\ersaires (jui n'ont pas les mêmes dons pour éclairer les esprits du commun, et surtout de ceux qui croient trancber les questions par des insultes adressées à un tel personnage. D'ailleurs nous ne prétendons rien imposer à personne : nous indiquons les endroits à lire: qu'on les lise comme nous, et sans doute on y trouvera le mémo intérêt et les mêmes lumit'res. Ftossuet n'est pas clair seulement pour (luoifjues lecteurs, mais pour tous.

Enfin le résumé suivant du Sixième Avertissement estil assez-clair (1) ?

« M. .Iiirieu est l'uniciue ot l'incomparablo (jui, non content «le faire enseigner en termes formels à tous les Pères des trois premiers siècles « sans en excepter aucun, » la divisibilltti et la iiiulabilit»? de la nature divine avec l'imperfection et rin/'iraliti' des personnes, ose dire encore dans sa sixième lettre de 1689. qui" Ci', n'est pas l;\ « une variation - .'lio » ; .'i en ir.90. « (|ue l'erreur des an(i»»ns i-sl une m philosophie <|ut n»'

ruine pas les fondemens ; que cette lh«^oloKie. pour estre un peu tro|» platonicienne, n»' pass»'ra jamais [)«>ur hén''ti.|ue. ni mesmi> j)(>ur (laugereusf dans un esprit sage ; tju'elle n'a jamais H*'* condamnée dans aucun concile ; que le concile de NiciV avoil «'xpressiMnent manpit^ dans son syndtole « «pi'il ne vouloil pas «'f)n<Iaint)i'r l'in(''t'alit.' ijui' I'-^ :mi-ii>fiv; f),,rii>iir< iv.M.^m niiso »

(1) Page UX)-101. cr. t. IV. |). loi, il itrt'jM.s «ii Ki.liarU Simon.

entre le Pire et lo Fils, et que loin do condamner la seconde nativitr (lu'ils attribuoient au Verbe, « ils la conlirnient ))arleur anathéme » : enfin non-senlement ([ne cette doctrine n'avoit point été condamnée, mais encore qu'elle n'étoit pas condamnable, puisqu'elle ne pouvoit même estro réfutée par les Écritures. »

Enfin, les démonstrations développées âixns ce Si xi hnr Avej^tissement aboutissent à cette conclusion :

« On voit maintenant ce que c'est que « ces insignes l'ni)onneries » que le ministre ne rougit pas de m'imputer ; et on voit sur qui je pourrois faire retomber ce reproche, si je n'avois honte de répéter des expressions si brutales, qu'au défaut do l'équité et de la raison une bonne éducation auroit supprimées (1). »

Et nous, lecteur incompétent, mais attentif aux discours tenus de part et d'autre, nous nous demandons ce que Jurieu a fait pour démontrer que le dogine de la Trinité n'avait point été connu ou avait été malentendu des docteurs de l'Église des trois premiers siècles, et qu'en somme l'Eglise catholique avait autant varié dans ses dogmes que les églises réformées. Nous voyons de la part du ministre des assertions audacieuses, mais aucune preuve qui n'ai été péremptoirement réfutée. Il faut donc que les partisans de Jurieu apportent à ses discours une fol aussi aveugle que celle qu'il reproche aux catholiques de porter aux décisions de l'Église, et le considèrent à lui seul comme une Eglise tout entière. Il y a déjà longtemps que nous avons observé chez eux cette condescendance.

« (le ({u'il y a de plus rare dans le sentiment do M. Jurieu, (poursuit Bossuet) (2), « c'est que cette bizarre théologie qu'on

i'i) Sincme Avertissement, S' Partie, p. 102 et suiv.

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