‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 106 sur 327 · L. XV, n° cxxv · texte numérisé non relu

L. XV, n° cxxv

2. La Confessio Tetrapolitana ne resta en vigueur à Strasbourg que jusqu'en 1548. Cf. Encycï. Lichtenberger, art. Alsace. — En 1577, le culte réformé fut interdit. Cf. ibid., art. Marbach, et Jean Stur.m, par Ch. Schmidt.

3. Il faut corriger les lettres de Mélanchthon, où se révèlent les impatiences de détail et les griefs particuliers, par les écrits et discours publics, où sa respectueuse reconnaissance pour Luther s'exprime d'une façon pénétrante : Y 0 ratio in funere reverendi viri D. Martini Lutheri; la Vita Lutheri, publiée au devant du t. II des Œuvres (1546), YOratio de M. Luthero, vel de aetatibus et dissensionibus Ecclesiarum (1548).

s'en trouve dont la critique protestante pouvait, ce semble, lui reprocher l'emploi : Hospinien, par exemple, et La Popelinière, qu'il consulte assez fréquemment, l'un à propos des troubles de Fronce entre 1559 et 1503, l'autre au sujet de Luther et du protestantisme allemand.

Hospinieu est, en effet, l'un des plus ardents défenseurs de la doctrine zwingTienne. Il a beau professer un grand respect pour Luther1 : il n'en est pas plus clément pour les faiblesses du docteur saxon, et dans son grand récitde la « querelle sacramentaire », c'est à Luther, à ses rancunes inexpiables, à sa tyrannie jalouse qu'il impute, sans restrictions, le malheur du schisme2. Aussi bien l'ouvrage d'Hospinien, à son apparition, avait-il provoqué dans le camp luthérien de vives colères et les plus dures répliques3. Convenait-il donc à Bossuet d'admettre, sur les affaires du luthéranisme, le rapport d'un adversaire déclaré, dont il fallait redouter l'inévitable malveillance?

La Popelinière, non plus, quoique protestant, ne se présentait pas aux lecteurs calvinistes de Bossuet avec une autorité indiscutable. C'est grâce aux libéralités de Catherine de Médicis que l'auteur de YHistoire de France avait pu faire les recherches nécessaires à son ouvrage , et l'on ne saurait nier que trop souvent son récit ne se ressouvienne de cette protection gênante. Plus d'une fois il témoigne aux gens de son parti des sévérités qu'à bon droit ils pouvaient trouver excessives, et l'étrange oraison funèbre qu'il fait des victimes de la Saint-Barthélémy4 n'était pas, il faut l'avouer, pour satis-

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