‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 138 sur 327 · Annales, p · texte numérisé non relu

Annales, p

nelles : « Que d'autres fols écrivains aillent parler à la volée des conseils des Rois, où ils ne furent oncques, des desseins des princes qui oncques ne les appelèrent, et des pensées des hommes, connues à Dieu seul. » Plus humble, lui, et plus sage, il s'abstiendra d'encourir la « maie grâce d'aucun » en s'aventurant à rechercher, « avec une sotte curiosité, la cause originaire de cette guerre1. » La Popelinière voudrait, on le sent, être plus précis et plus clair. Il comprend que, de son temps déjà, l'origine de ces dissensions qui s'éternisent commence à devenir un problème, tant les partis contraires y ont, à plaisir, amassé d'équivoques et de mensonges. Il prétend révéler enfin au lecteur « le vrai fondement et les moins apparentes occasions de ces séditions et guerres2. » Il distingue donc, après Régnier de La Planche , les « malcontents d'Etat » et les « malcontents de religion3. » Mais auxquels attribuer l'initiative du soulèvement et la plus grande part dans l'attaque? Assurément il est vrai de dire que « tous les Malcontents, pour diverses que pussent être les occasions de leurs déplaisirs , fraternisaient 4 » ; mais était-ce une coalition sur le pied d'équilibre entre deux partis de force égale ? Et s'il y avait au contraire un des deux associés qui dominait l'autre, était-ce les protestants qui travaillaient au service de l'ambition

1. Hist. des Neuf rois Charles, p. 424. Cf. p. 425, 426, 460, 461, 513, 530, 568, 569. — II avoue bieu que les « nouveaux Évangélistes dressaient les cornes par tout le royaume », mais ce n'est pas « la seule religion ni l'accablement des protestants qui fut la cause des troubles »; et « la haine que les' grands s'entreportaient par leurs ambitions et jalousies » y a contribué pour beaucoup. Pour combien? C'est la question. Des desseins du prince de Condé contre la maison de Lorraine « procédèrent et les moyens et les causes principales de la guerre qui advint depuis, quoique fondée sur le prétexte de religion. » Hist. des Neuf rois Charles, p. 460, 463, 46 i, 530, 534; Annales, p. 1605, 1612, 1618, 1617, 1625. Cf. la même incertitude chez des auteurs catholiques, et même très favorables aux Guises, de la génération suivante, par ex., J. C. Bulexgerus, Historiarum sui temporis lib. XIII, 1619, p. 1, 5, 8, etc.

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