‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 218 sur 327 · Cf. le livre de Schmidt, cité ci-dessus, passim · texte numérisé non relu

Cf. le livre de Schmidt, cité ci-dessus, passim

des , — et quelques-unes de ses hypothèses ' — dans les passages où il essaya de suppléer aux ressources limitées dont il disposait.

Quoique plus voisine du temps où Bossuet écrivait, quoique éclairée par des documents beaucoup plus nombreux et moins contestables , l'histoire de Luther n'était cependant guère plus aisée à traiter pour lui que celle,

— d'où nous venons de le voir se tirer à son honneur,

— des mystérieux hérétiques du douzième et du treizième siècle.

A la date où il achevait son ouvrage, c'est à peine si l'on commençait, môme de l'autre côté du Rhin, à essayer de se rendre compte des origines, du procédé et des effets de la révolution religieuse accomplie en Allemagne au siècle précédent. La guerre de Trente Ans, en ravivant et en prolongeant dans l'Empire l'état de crise et de lutte que l'entreprise luthérienne y avait fait naître cent ans auparavant, empêcha les hommes et les événements de la Réforme de passer, aussi tôt qu'il eût été naturel, dans le domaine apaisé de l'histoire. On ne pouvait pas étudier sérieusement une révolution qui ne paraissait pas encore être close.

Aussi , jusque vers la lin du dix-septième siècle , la Réforme fut bien, chez nos voisins, commentée, discutée en tant que symbole religieux et connue par le côté théologique et spirituel. Elle n'était pas encore embrassée dans la réalité et la totalité complexe de son développement humain.

D'ailleurs, si les écrits théologiques des docteurs étaient, il est vrai, tous publiés, ce qui dormait toujours dans les archives, sous le sceau du secret d'Etat, c'étaient les docu-

i. Sur les critiques auxquelles prête la théorie de Bossuet sur les origines du Culharisme albigeois, voir plus loin, même livre, chapitre îv, n° n.

ments politiques, les textes authentiques des traités, les correspondances des diplomates ou des particuliers mêlés aux afîaires ; enfin tous ces matériaux indispensables à l'histoire, et dont la divulgation ultérieure a jeté tant de lumière, — parfois une lumière si imprévue, — sur les causes, les circonstances et les résultats d'événements purement religieux en apparence.

Seckendorf est le premier historien allemand de Luther et du Luthéranisme 1 qui ait pu librement puiser dans les papiers d'Etat. Or Seckendorf est un contemporain de Bossuet, et son livre2 fut publié l'année même où Y Histoire des Variations parut3.

En même temps, il n'y avait pas en France un seul livre propre à faire connaître à Bossuet, fût-ce d'une façon sommaire, l'Allemagne dans sa nature propre et dans son état spécial de civilisation 4. Et cela était un autre obstacle

.1. Sleidan et Chytrée, écrivant au temps même de ces luttes, n'avaient pu naturellement profiter des archives qui ne s'entr'ouvraient en leur faveur que sous la condition jalouse de la réserve la plus circonspecte. Dans la première moitié du dix-septième siècle, il n'y a guère à signaler que l'ouvrage de Frédéric Hortleder, Handlungen und Ausschreiben... von der Ursachen des deulsclœn Krieges Kaiser Carl's des Filnften wider die Schmalkaldischen Bundesverwandten (16-45), dont Bossuet connut, par l'entremise d'Obrecht (cf. ci-dessus, p. 149, n. 5, et Hist. des Var., 1. VI, n° x) au moins un fragment, et qu'il cite sous le titre de De causis belli ffermanici.

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