‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 236 sur 327 · CHAPITRE TROISIÈME. \',J · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. \',J

qui n'est plus pour lui et avec lui devenait, par là même, ridicule. — Orgueil, enfin, dans sa forme la plus basse, cette vaniteuse jactance dont ses amis les plus sensés rougissent et qu'il prétend vainement excuser par l'exemple des Prophètes et de l'apôtre Paul1.

On voit, par ces citations recueillies à travers toute Y Histoire des Variations, qu'il serait malaisé de faire ressortir avec plus de force et d'habileté que ne fait Bossuet les côtés fâcheux du caractère de Luther. Et, ici, sur le fond, ses contradicteurs ne le démentent point 2.

1. L. I, Dos xxv-xxxu; 1. H, qob xvin, xxviii, xxx, xl ; 1. IX, n° lxxix. — Le P. Schoen (ouvrage cité plus haut, p. 446, n. 1) va jusqu'à attribuer sans hésitation à Luther, non seulement la « manie de la persécution » (der Verfolgunswahn) mais la « manie des grandeurs » (der Grôssenwahn).

2. Voy. par exemple, sur les emportements de Luther soit contre Zwingle, Pfaff, Animadversiones , p. 11; soit contre les princes, Basnage, Hist. de l'Eglise, p. 1481. Seckendore ne reprend Bossuet sur aucune des questions relatives au caractère de Luther et à ses procédés habituels, comme ne peut s'empêcher de le remarquer la Bibliothèque universelle et historique, revue protestante, (1692, t. XXII, p. 27). — Cf. parmi les historiens modernes de Luther, sur ses violences de langage: les textes et les appréciations de Kuiin, t. I, p. 398, 399, 495; t. III, p. 13, 14, 160, 163; de Hoff, p. 246; — sur son intolérance impérieuse : Kuiin, t. II, p. 41, 42, 321, 329,332; t. III, p. 36, 185-189; — sur sa confiance en lui-même : Kuhn, t. Il, p. 63, 67, 142, li8, 165-166; Hoff, p. 209, 220.

Touchant la prétention de Luther aux prophéties et aux miracles, Basnage (Hist. de la Rel. des Egl. réf., t. I, p. 440 sqq.) discute l'interprétation donnée par Bossuet aux trois textes qu'il cite Hist. des Var., 1. I, n° xxxi. Il est vrai que, dans ces trois passages, Luther ne se donne pas formellement et expressément pour un « prophète » : mais ce n'est pas non plus ce que soutient Bossuet. Bossuet dit seulement que « lorsque Luther menaçait quelqu'un des jugements de Dieu, il ne voulait pas qu'on crût qu'il le fît comme un homme qui en avait seulement des vues générales. » Et, dans cette limite, le commentaire des textes qu'il allègue est très juste. Il est incontestable que, surtout dans l'un des trois passages discutés par Basnage, Luther parle d'un ton intentionnellement destiné à frapper l'imagination des lecteurs : « Instat enim mors Papatus abominai/dis; urget eum inehictabile suum fatum, et, ut Daniel ait, ad finem sut venit, et nemo auxiliabatur ei, etc. » (Contra Henricum regem Angliae, Op. lat., éd. E. Schmidt, t. VI, p. 387). II résulte enfin de beaucoup d'autres textes, et en particulier, de la lettre au duc Georges de Saxe, citée par Bossuet dans cet endroit, que Luther a cru fermement à la justesse surnaturelle de ses prévisions et à l'infaillible efficacité de ses menaces. Cette opinion était, d'une part, le corollaire naturel de sa foi en sa mission divine, foi robuste qui le faisait se comparer et s'égaler couramment tantôt aux Prophètes de l'ancienne Loi, tantôt aux Apôtres, à saint Paul, ou à Jésus-Christ même (cf. Schwalb, Luther, ses opinions religieuses et morales, p. 184-185). D'autre part, Luther croyait avec les théologiens orthodoxes que « celui qui veut mettre sur le tapis quelque chose de nouveau ou enseigner

Que Luther ait été d'un caractère violent, despotique et superbe, ils ne l'accordent pas de bon cœur; ils l'accordent cependant, ne fût-ce que par leur silence. Mais tous, calvinistes et luthériens, Basnage et Seckendorf, Jurieu et Leibniz *, sont unanimes à s'élever contre l'importance que l'écrivain catholique a donnée à la pein-

autre chose que ce qui est enseigné, celui-là doit avoir mission de Dieu et justifier de sa mission par des miracles véritables ; s'il ne peut le faire, qu'il passe son chemin. » Édit. Walch, t. Vlll, p. 842. Cf. les autres passages cités par Dollinger, La Réforme, t. III, p. 202-205.

Basnage conteste aussi (Hist. de la Rel. des Egl. réf., t. I, p. 501 sqq.; llist. de l'Egl., t. II, p. 1496 sqq.) les assertions de Bossuet (1. Il, n°s xr, xn, xv; 1. IV, n° i; 1. VIII, n°* i-m, etc.) sur le rôle de Luther dans la guerre des Paysans et dans la guerre de la Ligue de Smalcalde. Il n'y a rien à ajouter sur ce point à la réponse judicieuse et précise que Bossuet a faite lui-même à cette critique dans la Défense de l'Histoire des Variations, nos xli-liii. Il y établit successivement : 1° que Luther tout en recommandant toujours l'obéissance aux magistrats, excepté cependant le Pape, permet qu'on lui coure sus comme à un .« loup-garou » (Beerwolff) et qu'on maltraite sans scrupule les magistrats, princes, rois, empereurs, qui soutiennent la domination illégitime de cet « Antéchrist. » Cf. la Disputatio de Mo Christi dicto : Vade, vende, reiinque omnia, avril 1539, dans les Op. latina, éd. II. Schmidt, t. IV, p. 446-448); — 2° que le « petit écrit » de Luther publié en 1531 après les négociations de Smalcade (il s'agit de la Warnung an meine liebe Deutschen, et non, comme Basnage semble le croire, du De liberlate christiana de 1520) produisit bien un grand effet en Allemagne, ainsi que l'attestent Sleidan et Mélanchthon. (Voir sur cet écrit, Kôstlin, t. II, p. 257-258; cf. Kdhs, sur le ton agressif et révolutionnaire d'autres écrits, t. I, p. 424-425; t. II, p. 69). Peut-être, comme Basnage le prétend d'après MélanchLhon, cet écrit fut-il publié tronqué, mais il n'en est pas moins vrai que l'essentiel, c'est-à-dire le consentement à la résistance, s'y trouvait, et que, tronqué ou non, Luther ne désavoua pas son ouvrage ; — 3° que Luther fut consulté sur les « Ligues » des princes protestants, et que, s'il n'en conseilla pas la formation, il ne s'opposa plus alors à leur action politique et militaire ; — 4° que le soulèvement des Paysans n'avait sans doute pas été, non plus, autorisé et provoqué par lui, mais que ce soulèvement fut une conséquence indirecte de ses doctrines, bien ou mal interprétées; que les Paysans se réclamaient de lui; qu'au début il les blâma timidement; que l'opinion publique s'aperçut de cette situation équivoque du Béformateur; et qu'en somme Luther joua, à leur égard, uu « étrange » et « bizarre » personnage. Voir pour l'exactitude de ces appréciations, Kuhn, t. II, p. 198-228, et en particulier, p. 217, sur l'écrit « d'une violence inouïe » que Luther dirigea en 1525, wider die môrderisçhen und riiuberischen Rotten der Bauern; cf. Kôstli.v, t. I, p. 746 sqq. Tous les passages de YHistoire des Variations relatifs à ce sujet sont singulièrement plus solides et plus modérés que les développements analogues de Nicole, Préjugés légitimes, p. 73 sqq., dont Claude avait signalé (Déf. de la Réform., part. II, en. v), l'exagération envenimée. Bossuet, en ces délicates matières où la diffamation historique est si facile, peut vraiment dire qu'il « mesure ses paroles » et qu'il « écrit sous l'œil de Dieu. »

1. Voir les lettres de Leibniz à Bossuet et à divers, à propos de l'ouvrage de Seckendorf; citées plus haut, p. 320, n. 6. — Cf. déjà les mêmes idées dans Clabde, Déf. delà Réformation, part. II, ch. ni, t. I, p. 310 sqq. ; et dans une lettre de Leibniz, en mars 168i, au Landgrave Ernest (Édit. Hommel, t. II, p. 25).

ture de ces faiblesses. Quand un homme, de l'aveu même de ses ennemis, fit d'aussi grandes choses que Luther en a faites; quand, par ailleurs, « on voit en lui un bon fonds de piété et des vertus tout à fait héroïques », l'histoire sérieuse doit laisser dans l'ombre les taches. C'est mal comprendre l'exactitude que de tenir trop de compte des imperfections d'un très grand homme, et la vraie justice est alors d'oublier.

Cette objection mérite qu'on s'y arrête, car elle soulève une assez délicate question de méthode historique. Sans doute , s'il était démontré que les hommes dont la pensée et la volonté ont produit de graves changements dans le monde n'ont jamais laissé prendre à leurs passions égoïstes aucun pouvoir sur eux ; si l'on pouvait croire que les acteurs du premier plan, justement pénétrés de leur importance, ont su maintenir avec sérénité une séparation rigoureuse entre leur caractère intime et leur rôle public, qu'ils ont su se défaire , toutes les fois qu'il le convenait, de leur nature, et qu'enfin dans leur conduite, pour ainsi dire, officielle, ils ont réussi à n'être jamais que les interprètes impersonnels des grandes tendances qu'ils représentaient; — alors sans doute, il serait permis à l'historien de voir exclusivement dans le passé le jeu imposant des idées générales et le calme développement, à l'aide d'instruments humains conscients de leur haute mission, des lois abstraites de la société. Mais en estil ainsi, et, pour Luther en particulier, qui voudrait admettre que la nature passionnée de l'homme n'ait point agi sur la conduite et même sur les idées du réformateur? N'est-il pas sûr, au contraire, que cette humeur impatiente, s'emportant tour à tour contre Tetzel, Sylvestre de Prière, Jean Eck, Emser « le bouc de Leipzig », — ou contre Carlostadt, Munzer, Agricola, — ou contre Wizel et Erasme, a quelquefois altéré ses vues, outré ses sentiments et fait dévier ses résolutions ' ? Non seulement, —

1. Cf. pour L'époque de 1518-1519, Hoff, p. 117-119, H. dans Kuhn, t. I,

p. 273 (lettre de Luther à Staupitz, 1518) : « Vous lirez mes Résolutions et mes réponses. Peut-être les trouverez-vous trop dures en certains endroits... Si elles

comme le répétaient, pour l'excuser, les modérés d'entre ses disciples, — non seulement « Luther disait, lorsqu'il « était échauffé, plus qu'il ne voulait dire ' »; mais, selon Bossuet, et cela est possible, il pensait alors autrement qu'il ne l'eût voulu. « Il n'y avait point, » dit l'auteur des Variations, « d'erreur si prodigieuse où l'ardeur de la dispute ne le pût entraîner2. » Soyons plus réservés, si l'on veut, et moins catégoriques; mais disons cependant ce que les confessions de Luther lui-même nous autorisent à dire : c'est que plus d'une fois, — soit par l'effet de ce prosélytisme impérieux que les novateurs convaincus mettent souvent, en théologie comme en art, à faire prévaloir leurs conceptions; soit en vue d'imposer à l'imagination populaire par une sorte de grossissement théâtral de ses idées ; soit enfin dans une simple parade orgueilleuse et un peu puérile de sa force3, — Luther a cédé à la fantaisie de « prendre le contrepied de l'Eglise * » en des choses même que sa raison de

n'étaient déjà imprimées, je les adoucirais un peu. Mais si ce sophiste de Sylvestre continue la lutte et m'accable de ses inepties, je ne plaisanterai plus, je donnerai libre cours à ma tète et à ma plume... Priez pour moi, pour que, dans cette épreuve, je n'aie pas trop de joie et de hardiesse. » Cf. sur sa polémique contre le dominicain Eck, Ktjhn, ibid., p. 263 sqq., 343 sqq. Eck, disputant contre Carlostadt, l'accusait d'ébranler la souveraineté de l'Eglise romaine : Luther, sans être attaqué, s'empresse de prendre pour lui la critique.

1. Hist. des Variations, 1. VI, nn xr., d'après une lettre de Cruciger à Vitus Theodorus.

2. Cette théorie de l' aveuglement spontané est le fondement de la psychologie intellectuelle de l'hérétique chez Bossuet. Cf. lettre du 27 décembre 1092 à Leibniz : « ... 11 faut que les hérétiques qui ont pu douter [de tel dogme catholique] d'une vérité si sensible, aient fait à leur esprit de ces violences que se font ceux que leur orgueil ou leur curiosité embrouille ou confond. » (Œuvres de Leibniz, éd. Foucher de Careil, t. I, p. 347.)

3. « Peut-être... que le succès inespéré de son entreprise lui enfla trop le cœur. » Basnage, Hist. de l'Églis", p. 1480. — « N'est-ce pas une chose étonnante qu'un homme qui n'était hier qu'un pauvre moine mendiant s'adresse sans crainte aux princes les plus puissants, etc. » Lettre de Luther citée par Kuhn, t. 1, p. 327. « Souvenez-vous du commencement de tout ceci. Quel incendie a éclaté de cette étincelle méprisée!... » In., t. II, p. 24-25.

-ï. L. I, nos xvm, xxui, xxv; 1. II, nos iv, v, x, xxxvn, li ; I. IV, nos xxxix I. VI, nos xxii-xxui. Cf. les Réflexions de. Bossuet sur l'écrit de Molauus , part. I, cli. h. Cette animosité contre le Papisme a été relevée par Bayle, Supplément du Commentaire philosophique, ch. xiv : « Il souhaitait passionnément de ne point croire la réalité [de la présence île J.-C. dans l'Eucharistie], se persuadant que pendant qu'il la croirait, il s'ôterait de grands avantages pour battre en ruine le Papisme. » Cf. Hist. des Var., 1. II, n° ï, et Kuhn, t. II, p. 155-157, 162-163.

gang-froid n'aurait pas eu à cœur de modifier1. Et de même, dans la conduite de sou propre parti, cet amourpropre jaloux l'a induit quelquefois à méconnaître étrangement la raison d'être et le sens de son œuvre, en refusant à ses collaborateurs et à ses alliés ce droit, dont il avait usé si largement lui-même2, de suivre chacun de son côté l'inspiration de sa propre conscience.

Il serait d'autant plus inintelligent de passer sous silence, quand on essaie d'expliquer Luther, cette tendance passionnelle de sa nature et ce côté irrité de son œuvre, que, — comme Bossuet le fait observer à plusieurs reprises, — ces façons dominatrices et emportées d'un homme qui « se sentait le maître » ont grandement contribué à son succès3. Oui, cet « air d'autorité » faisait en effet « trembler devant lui ses disciples » ; de même que cette imperturbable confiance « fascinait » le peuple 4. 11 y a là une singularité de psychologie sociale dont l'historien doit tenir compte et que Bossuet a bien aperçue. Lorsqu'on voit Luther « en pleine chaire, menacer son auditoire, si l'on ne voulait pas lui obéir, de rétracter » tout ce que jusque-là il avait dit et fait, — « on croit songer », dit Bossuet; « on revient au commencement du livre pour voir si on a bien lu » ; on se demande comment « un tel homme » a pu exercer sur ses contemporains un ascendant si fort et si entier, — à moins que l'explication lapins vraie d'une telle domination ne soit dans l'audace même (pie Luther avait d'y prétendre 5.

1. Cf. encore sur cette part de 1' « humeur » dans les idées et les décisions de Luther, Hist. des Var., I. IV, n° ni.

2. Voyez, sur ses rapports avec Carlostadt et Zwingle, les textes cités par Kuhn, t. II, p. 153, 321, 329, 331, 332, etc.

3. C'est ce qu'avouait indirectement Claude, Déf. de la Réformation, part. Il, cli. v, comme le remarcpje Bayle, art. Luther, rem. T.

4. Bossuet observe ailleurs (Sixième Avertissement, part. 111, a0 lxxxi) que les « impétuosités », les déchaînements » de Luther étaient beaucoup plus propres à « émouvoir l'esprit des peuples » que « la complexion » d'un Calvin « avec son aigreur » et « son chagrin amer et dédaigneux ».

5. L. I, n° vi ; 1. II, nos v, îx, x, xi ; 1. V, n° n : « Luther devient leur idole... »; 1. I, n°-s xix, xxiv (opinions singulières de Luther sur la résistance aux Turcs); 1. VI, nos xv, xvi, etc. — Sur l'autorité de Luther à Wittenberg et en Allemagne, voy. Kuhn, t. III, p. 175-170.

C'est qu'au fond, il faut bien l'avouer, cet « orgueil », dont les contradicteurs de Y Histoire des Variations font bon marché, dont ils ont l'air de trouver puéril que l'auteur catholique s'occupe tant, n'est point du tout une quantité négligeable dans les affaires du monde1.

« Inhérent à nos entrailles, » dit ailleurs2 Bossuet moraliste , « son appât subtil et imperceptible » se mêle à tous nos actes ; « c'est la dépravation profonde qui a pénétré jusqu'à la moelle de nos os ». Et l'on ne saura jamais, — ajoute-t-il dans un passage évidemment tout plein d'observations personnelles et de ressouvenirs, — « combien s'étend l'empire » de ce « vice radical ». Il règne « dans les conditions les plus viles » : quelle peine ne faut-il pas se donner « tous les jours » à calmer « les emportement des paysans pour des bancs dans leurs paroisses ? » Ne les entend-on pas « porter leur ressentiment jusques à dire qu'ils n'iront plus à l'église si on ne les satisfait? » Ces ridicules dépits ne sortent pourtant pas d'une autre source que le désir de vengeance qui « pousse les ambitieux à tout remuer pour se faire distinguer des autres. » Et jusque dans les âmes « les plus épurées », il faut toujours supposer et soupçonner la présence cachée de ce « levain d'orgueil, » qui germe parfois et s'accroît sous le couvert de la modestie même 3. « Dans les élections ecclésiastiques , — Bossuet en convient tout le premier,, — il a fallu prendre mille précautions pour empêcher l'ambition, les cabales, les brigues les plus criminelles et

1. La double influence des « convictions » et de Y « orgueil » sur l'œuvre de Luther est bien marquée par Cournot, De lu marche des idées, t. I, p. 183; et par Schwalb, Luther, ses opinions religieuses et morales, p. 186-189 ; — la prédominance de l'élément passionnel, spontané, sentimental même dans sa doctrine., par Milsand (daus la Critique religieuse de juillet 1884).

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