CHAPITRE CINQUIÈME
« d'injures médiocres1 ». On ressasse l'exemple des martyrs, mais à parler franchement, est-ce que cette patience tant vantée n'était pas pour les premiers chrétiens une nécessité de leur petit nombre et de leur faiblesse2? Que s'il s'est trouvé parmi eux « quelques dévots » qui ne croyaient pas qu'il fût du tout permis de se servir du glaive, avons-nous à tenir compte de cette « sévérité outrée » et de cette « morale mal entendue3 »? Convenons, si l'on nous presse, qu'il ne faut pas se servir des armes pour établir et pour propager la religion'*, — quoiqu'à vrai dire il ait été fort profitable à. la Réforme française de trouver à son service l'épée des princes du sang" et des grands du royaume, et qu'on ne puisse guère se refuser d'y voir une heureuse permission de la Providence 5 ; — mais toujours est-il que quand il s'agit uniquement de défendre la religion, c'est autre chose. « Il n'y a ni raison, ni autorité qui prouve que ce soit un crime », et, tout considéré, les Réformés de France et des Provinces-unies, « nos bienheureux ancêtres », n'ont fait qu'imiter David et les Machabées, ces héros incontestés du peuple de Dieu G.
L'évolution de Jurieu sur cette question était visible. Ajoutons que chez Bayle, qui la signale, lui aussi, avec