‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 38 sur 327 · XX, XXVII · texte numérisé non relu

XX, XXVII

défini d'affirmations contradictoires n'aboutissait à rien qu'au dégoût des lecteurs ' : voilà la tâche que Nicole avait voulu accomplir dans ces deux ouvrages. C'est par le dehors qu'il y considérait la Réforme, prétendant que, seul, cet examen de surface suffisait à découvrir les symptômes accusateurs de l'erreur intime et fondamentale de l'établissement réformé.

A cet effet, dans les Préjugés légitimes, il examinait la naissance et le premier âge du protestantisme ; il prenait à partie les auteurs de la séparation du seizième siècle ; il s'attachait à montrer leurs « vices personnels, » leurs complaisances pour le siècle, leurs prévarications orgueilleuses et leurs procédés « pleins d'excès » : bref, l'étrange sainteté et la piètre autorité de ces apôtres, soidisant inspirés, d'une religion soi-disant plus pure2.

Par malheur Nicole, très versé dans les antiquités ecclésiastiques, était, comme la plupart de ses contemporains, beaucoup moins instruit do l'histoire moderne, et il le savait. Il s'en tient donc, dans la vie des Réformateurs, « aux choses publiques, » il l'avoue lui-même, « aux choses constantes et exposées aux yeux de tout le monde3, » — autrement dit. aux généralités vagues ou aux circonstances banales qui trament partout \ Il s'abstient de rechercher les faits moins connus, et qui sont souvent, par cela même, les plus importants à connaître ; il passe à côté des problèmes discutables et intéressants ; rien de nouveau, rien de fouillé dans son livre ; rien de plus, au regard de l'histoire, que les faits allégués déjà par Rel-

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