Édit. Jacqci.net, p
7. Annales veteris et novi Testamenti, Lond., 1650; Paris, 1673. — [('autres systèmes chronologiques, ceux des Septante, de Suidas, du moine italien Ouuphre Panvinio, ou des Tables Alphoftsines lui eussent donné plus d'espace (deux mille ans de plus environ).
qui le gêne à chaque instant, de concilier exactement l'histoire profane avec l'histoire sainte ] ; ce sont là, je pense, tous les reproches, ou très peu s'en faut, qui peuvent être adressés au Discouru sur l'histoire universelle 2.
Il serait plus long, en revanche, d'énumérer au complet les remarques nouvelles, les jugements pénétrants que Bossuet jette ça et là dans cette rapide revue du monde antique. Les chapitres sur l'Egypte, sur la Grèce et sur Rome, autant dans la première partie du Discours que dans la troisième, abondent en vues de ce genre, quoique le lecteur en soit peut-être moins frappé qu'il ne conviendrait. La faute en est d'abord, sans doute, à ce style périodique, où revient souvent, par une habitude oratoire, la plume de Bossuet : c'est au milieu d'une longue phrase, pleine et pesante d'idées, qu'il faut aller chercher et faire sortir des rangs, pour ainsi dire, le mot original et fécond, où l'on verra, pour peu qu'on y prenne garde, se résumer la connaissance profonde et la comparaison délicate d'un très grand nombre de faits3. Ajoutons que ces faits, qui justifient son dire, ces textes qui l'appuient, Bossuet le plus souvent les sous-entend ; il affirme plus qu'il ne discute, et il faut bien avouer qu'une érudition aussi discrète, qui n'étale pas ses matériaux, qui ne se fait pas valoir elle-même, court la chance de passer inaperçue.
Mais ce n'est pas sur ces mérites de détail que je veux insister ici; je voudrais seulement mettre en lumière l'indépendance, et, si j'ose le dire, la correction toute moderne de la méthode de Bossuet dans le Discours sur l'histoire universelle .