‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 62 sur 327 · Part. III, ch. vi, p. 537-538, 539; ch. vu, p · texte numérisé non relu

Part. III, ch. vi, p. 537-538, 539; ch. vu, p

Bossuet étudie avec la religion d'un disciple, d'un adepte, ces raisonnements que l'événement vérifia; il adhère à ce « déterminisme » historique qui, à force d'approfondir la liaison nécessaire des faits, peut arriver parfois à en fixer les lois et à en prédire le retour. Pour sa part, il ne manque jamais de chercher dans les faits antérieurs ou concomitants l'explication rationnelle des faits remarquables1. Et cette explication, il ne la demande pas seulement aux grands événements, qui, se détachant, pour ainsi dire, et faisant saillie dans la trame de l'histoire, forcent l'attention de l'historien 2 : il n'a garde d'omettre les « incidents particuliers3 », qui ont, eux aussi, force de causes; il tient compte des caractères spéciaux de l'organisation sociale de chaque peuple 4; il n'oublie même pas ces conditions physiques de climat et de tempérament5, auxquelles le spiritualisme délicat des écrivains du dix-septième siècle dédaignait habituellement d'accorder l'attention qu'ils méritent. A plus forte raison tient-il compte de ces influences d'ordre intellectuel , que négligeaient aussi la plupart des historiens d'autrefois , tout occupés de la personne des princes et des héros , des affaires mili-

1. « La cause commune de leur ruine (des royaumes formés des débris de l'empire d'Alexandre) est qu'ils furent contraints de céder à la puissance romaine. Si toutefois nous voulions considérer le dernier état de ces monarchies, nous trouverions aisément les causes immédiates de leur chute, etc. » Part. III, ch. v, p. 512. « Le caractère essentiel de chacun des deux temps est que, dans l'un, l'amour de la patrie et des lois retenait les esprits, et que, dans l'autre, tout se décidant par l'intérêt et par la force. De là s'ensuivait encore que... Parce dernier état, la guerre était nécessairement dans Rome, et... le commandement venait naturellement entre les mains d'un seul chef, etc.. » « Laî'aison de ce changement est que... La tromperie, selon Aristote, devait commencer en flattant le peuple... Mais par là on devait tomber dans un autre inconvénient

Cette monarchie s'étant érigée par les armes, il fallait qu'elle fût toute militaire, et c'est pourquoi elle s'établit, etc.. Par là vous avez pu voir que, comme la république avait son faible inévitable,... la monarchie des Césars avait aussi le sien... Car il n'était pas possible que, etc. » Ibid., ch. vu, p. 560-562.

2. « Il vous sera aisé d'en découvrir toutes les causes (des changements de Rome) si... vous prenez soin d'observer un certain nombre d'événements principaux qui, quoique arrivés en des temps assez éloignés, ont une liaison manifeste. » Part. III, ch. vu.

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