Hist. des Var., I. IV, n° xvm, 1. VI, n° xu
3. Vitae germanorum Philosdphorum, L615-1620.— Cf. Baillet, Jugements des savants; Bayle, Dict. crit. : « Les Luthériens ne sont pas contents de lui. Ils le trouvent trop partial. » Ge qui n'empêche pas Bayle de s'en servir beaucoup.
Peucer1, que d'en croire le cardinal Pallavicin lui-même; et les calvinistes ne lui auraient pas plus pardonné d'écouter sur le compte de leur maître les luthériens Hutter, Hunnius ou Schlusserburg 2, que de prêter l'oreille au papiste Bolsec 3. Si, sur l'histoire de la Réformation allemande, Bossuet se décide à faire usage d'Hospinien, nous verrons tout à l'heure pour quelles raisons exceptionnelles et dans quelle mesure il déroge, en faveur de cet écrivain, à une prudence nécessaire.
Il faut avouer que cet absolu parti-pris d'exclure tous les auteurs « suspects » le privait plus d'une fois d'arguments précieux. Ainsi , sur ces troubles civils de la France entre 1559 et 1562, dont il se propose d'éclaircir l'origine et le véritable caractère, les Mémoires des Tavannes4 et de Montluc, les lettres d'Etienne Pasquier, les histoires contemporaines de Florimond de Rémond , de Belleforest et de Péguillon cle Beaucaire h lui eussent pu fournir des renseignements et des preuves considérables G. Sans doute il n'est pas un de ces auteurs qui
1. Peucer, gendre de Mélanchthon, devenu calvinisLe, fut tenu onze ans en prison par l'Électeur de Saxe pour avoir essayé d'introduire dans ses États les doctrines sacramentaires. — Cf. Hist. des Var., 1. VIII, n° xxxix; Dôllinger, La Réforme, trad. Perrot, t. II, p. 580-58Ï.
2. Hutter, Concordia concors, 1614 (Catalogue de la Bibliothèque de Bossuet, n° 642) ; Irenicon, 1616 ; Hunnius, Calvinus judaizans, dans ses Opéra (1607) ; Schlusserburg, Catalogus haereticorum ab initio saeculi xvi (1597). Hutter, par exemple, jugeait que les martyrs de la foi genevoise n'étaient pas plus à plaindre que les martyrs ariens. — Cf. le Sacramcntarius Diabolus de Jean Schultze, et plus haut, p. 27, n. 3.