XX PRÉFACE
Bossuet, peut-être le hasard, qui fait tant de choses dans la vie de chacun de nous, est-il le seul coupable. Peut-être aussi Brunetière. qui était toujours prêt à parler ou à écrire sur Bussuet, voyait-il trop nettement les multiples difficultés d'une étude d'ensemble, telle qu'il la concevait, sur l'auteur des Variations, et ne se sentait-il pas, à son gré, encore suffisamment armé pour l'entreprendre. Peut-être enfin craij.rnait-il, — car il avait de ces scrupules, . — d'arrêter, et de fixer, et de lier ou d'engager trop prématurément sa pensée par un livre, d'imposer les contours rigides et irrévocables de l'histoire morte à une œuvre qu'il sentait très vivante en lui, et dont l'intime substance était comme mêlée à sa propre vie morale. En toutes choses, cet esprit toujours mobile aimait à « se réserver la possibilité des reprises et des tâtonnements ». .le l'ai entendu regretter d'avoir écrit autrefois sur les Provinciales des pages qu'il ne pensait plus, et nul doute que, s'il avait prononcé sur Pascal la série de conférences (|u'il méditait, il n'eiU hardiment revendiqué le droit de se contredire et d'avoir changé d'opinion.
Et cependant, ce livre qu'il semble n'avoir pas voulu écrire, il se trouve, à y regarder d'un peu près, que Brunetière nous en a laissé plus que des fragments. Il n'a pas rédigé, — tant s'en faut, —