‹ BotaniqueChapitre 148 sur 206 · firaiue · texte numérisé non relu

firaiue

540. La même, coupée verticalement.— 1 Téguments.— p l’érisperme.— c Embryon.

marquée plus bas dans la série par la structure du plus grand nombre de ses genres , plus haut par celle de quelques uns dont la fleur s élève en composition, on peut suivre la progression insensible des uns aux autres ; et Ions d ailleurs se lient ensemble par quelques caractères communs , comme la séparation constante des étamines et des pistils dans des Heurs différentes, l'hypogynie des étamines distinctes ou souvent réunies, l'ovaire libre à plusieurs loges avec un ou au plus deux ovules pendants de l’angle interne dans chacune, ces loges, le plus souvent au nombre de trois, se séparant à la maturité en autant de coques [fig. 537, 538); l'existence d'un périsperme épais, charnu , oléagineux, autour d’un embryon à radicule supère, à cotylédons larges et aplatis (fig. 540). Leur port est très varié, depuis celui d’arbres élevés jusqu’à d humbles herbes. Il esl singulier dans quelques espèces africaines d’Euphorbe dont les formes rappellent tout à fait celles des Cactus.

Beaucoup de plantes de cette famille , et particulièrement celles de son principal genre, ont un suc propre laiteux et âcre. C'est surtout dans ce suc que paraît résider le principe qui donne aux Euphorbiacées des propriétés uniformes, mais qui se prononce inégalement dans les diverses espèces, de manière que son action, réduite dans les unes à une irritation légère, détermine dans les autres une vive inflammation jusqu'au point où elle devient un violent poison. Les diverses parties où les vaisseaux propres abondent, la racine , les feuilles, l’écorce surtout, devront donc déterminer sur l’économie animale des effets énergiques; mais les graines sont aussi dans ce cas. On a fait à leur sujet cette remarque ingénieuse qu'il n’y a pas identité dans les propriétés de leurs parties différentes, et que celles de l’embryon , de la radicule particulièrement, sont beaucoup plus prononcées que celles du périsperme. Cette inégale répartition des principes les plus actifs dans les diverses portions d'une même plante rend compte des résultats contradictoires auxquels ont souvent conduit des expériences qui négligeaient de tenir compte de la portion employée. La médecine s’est beaucoup servie de ces vertus des Euphorbiacées pour en obtenir des médicaments émétiques (par exemple, des racines de V Eupliorbia ipecacuanha ) ou plus fréquemment purgatifs. Mais, pour ceux-ci, elle a dès longtemps abandonné, comme trop dangereux, le suc laiteux et concentré qu’on tirait de certaines espèces d’Euphorbe, notamment des charnues, et elle emploie de préférence l’huile tirée des graines : de celles du Ricin ou Palmu-Christi , par exemple, si l'on veut une action douce; do celles du Croton tiglium , si l'on en veut une extrêmement active. Les Jatroplia , ou MMicinin. s, doivent ce dernier nom à la même

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11 est bien remarquable que nous trouvions , a côté de médicaments et même de poisons énergiques, un aliment très doux, comme la farine de Manioc ou Cassave , fournie par le Janipha, genre tout voisin des précédents, et servant à la nourriture d'une grande partie de la population de 1 Amérique méridionale. Cette contradiction n est qu apparente: la racine épaisse et charnue dont on extrait cette farine serait fort dangereuse crue, et le lait dont elle est alors remplie cause des accidents terribles et même une mort prompte ; mais la cuisson détruit le principe vénéneux , et , en conséquence , on ne la mange qu après l'avoir râpée, tamisée, lavée et soumise à l'action du feu sur une lame de fer. Dans le lavage se dépose une fécule très pure, qui est le lapioka.

Un arbre de cette famille, le Mancenillier, a souvent été cité comme présentant au plus haut degré les propriétés toxiques des Euphorbiacées, puisque son ombre seule pourrait être mortelle à l’imprudent qui s’y repose. Le fait n’a jamais été bien constaté, et l’expérience tentée par de courageux voyageurs n'a donné aucun résultat ; ce qui ne décide pas la question , ainsi que tout résultat purement négatif. Le principe qui donne ces propriétés étant ordinairement volatil , comme semble le prouver, entre autres faits, sa destruction par la cuisson dans le Manioc, il est clair que l’atmosphère autour du Mancenilliêr pourra , suivant les diverses circonstances météoriques, en être chargée à divers degrés, si elle l'est en effet jamais. Ce qui est incontestable, c’est que le suc laiteux du même arbre en est bien imprégné.

Le caoutchouc, que nous avons vu exister dans le suc des Figuiers, se trouve aussi dans celui de certaines Euphorbiacées, particulièrement du Siphonia elaslica, arbre de la Guiane, et qui passe pour en être la source la plus abondante. D autres, où manque le suc laiteux, ont d’autre part un principe colorant, le tournesol, que nous avons déjà rencontré dans une autre famille toute différente, les Lichens, d’où le commerce le tire de préférence. Une petite plante, commune dans le midi do la France, le Crozophora tincloria a été longtemps exploitée pour cet usage.

Les CiicurhkacécK s'éloignent bien plus certainement que la famille précédente de toutes celles que nous avons énumérées dans celle division, et. doivent plutôt prendre place parmi les polypétales périgynes, auprès des Passillorées et des Loasées, maigre leurs fleurs diclines, et quoique leur périanlho interne, lorsqu'il existe , ne soit pas franchement une corolle et ne se partage pas en l'étales distincts. Il suffit de citer le Melon, la Pastèque, la Citrouille, le Concombre, pour faire connaître et les aliments qu’elle fournit à

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