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INFLUENCE DE L’HOMME

pacte, plus ou moins perméable à l’eau et à l’air, plus propre à retenir ou à laisser passer la première ; tellement que le môme terrain pourra être favorable ou nuisible à la môme plante, sous deux climats de nature opposée, et que réciproquement la même plante demandera des terrains de nature différente dans l’un et dans l'autre de ces climats différents.

§ 643. C’est la nature du sol qui détermine un grand nombre de stations des plantes. Elles ont , pour nous résumer , leurs séjours dans l’eau do la mer, sur son bord imprégné de sel marin ou sur des terrains qui en sont éloignés, mais salés par une autre cause; dans l’eau douce, stagnante dans des espaces petits ou étendus, courante en ruisseaux ou en rivières; sur leurs rives ; dans les marais ; dans les tourbières ; sur les rochers ; dans les sables dont la composition chimique peut varier , mais est le plus ordinairement siliceuse ; dans des lieux stériles par une autre cause (par exemple, parce que le terrain, au contraire, trop compacte , se durcit par la chaleur en une masse que les racines ne peuvent percer); dans les terrains où domine l’argile, ou la chaux, ou le gypse, ou un autre élément, formés en place, ou par des alluvions, ou par des atterrissements, ou par des déjections volcaniques, ou d’une autre origine quelconque, etc. D’autres fois l’indication de la station est empruntée à l'association de la plante avec d’autres combinées déjà entre elles d’une certaine manière. C’est ainsi qu’on distingue celles qui croissent dans les forêts, dans les prairies, dans les haies, dans les terrains cultivés et remués souvent ( Plantœ arvenses), etc. Nous trouvons ici l influencede fhommo sur la distribution des végétaux, puisque c’est elle qui a déterminé artificiellement ces dernières combinaisons. Mais il en existe une autre quo celle qu’il exerce volontairement et sciemment. Certaines plantes sauvages, certaines mauvaises herbes, qu’il serait plus porté à extirper qu’à propager, l’accompagnent partout et se multiplient autour do sa demeure comme les Orties , diverses espèces de Chenopodinm et de Rumcx , de Mauves, le Mouron des oiseaux, etc., etc. Leur présence au milieu d’une campagne déserte, de solitudes perdues à une grande élévation dans les montagnes, indique qu'il a passé par là, et qu’au moins la hutte d'un berger y a été quelque temps élevée.

§ 6 44. L’hommo civilisé, auquel ne suffisent plus les productions spontanées que lui offre la terre, et qui cherche à multiplier autour de lui les animaux et los végétaux qui peuvent lui servir nu lui plaire, à détruire ceux qui lui déplaisent ou lui nuisent, tend nécessairement ii modifier de plus en plus la distribution de ces êtres et la physionomie de la nature primitive. Nous no la voyons qu’ainsi altérée dans la plus grande partie de l’Europe, où il faut qu’un lieu

soit bien inaccessible ou irrévocablement stérile pour rester abandonné à lui-même. Les forêts, dans 1 état de la nature, tendent à s’emparer du sol , ainsi qu’on peut le voir encore dans le sud du Chili, ou les bouquets de bois, une fois établis sur le bord ou au milieu des prairies, empiètent sur elles chaque année en s'avançant sur toute la ligne de leurs lisières comme en colonne serrée, finissent par opérer leur jonction, et, rétrécissant de plus en plus le cercle des Graminées, par les remplacer complètement. C'est le contraire dans les pays cultivés. Les forêts, qui en couvraient primitivement la plus grande étendue , s’éclaircissent et disparaissent graduellement sous les coups de l'homme, et celles qu’on conserve, soumises pour la plupart à des coupes réglées, n’ont plus ni le même aspect ni la même influence sur la nature environnante. Les conditions du climat ont été ainsi modifiées ; celles du sol le sont sans cesse par la culture, qui règle d’ailleurs les espèces peu nombreuses qui doivent le couvrir. Beaucoup de celles qui formaient la flore spontanée sont ainsi détruites, au moins par places ; quelques autres, au contraire, sont introduites, et ce sont en général des plantes annuelles dont les graines se sont mêlées à celles des Céréales venues de pays plus ou moins lointains. Mais quelles que soient ces modifications, elles ne peuvent être tellement profondes que la nature ne conserve pas toujours ses droits; elle dirige l’homme touL en le suivant : les plantes spontanées qu’elle continue à faire croître en abondance, les plantes cultivées qu’elle laisse croître, sont un double indice par lequel elle se fait reconnaître. Les dernières fournissent même des signes excellents à l'étude de la géographie botanique : seulement, en les employant, on doit se rappeler que l'industrie humaine trouve moyen de pousser toute culture avantageuse plus ou moins au delà des limites où s’arrêterait la croissance des mêmes plantes laissées a elles-mêmes; mais ces limites ainsi étendues conservent leur rapport pour les diverses espèces. 11 faut se souvenir aussi que l'absence d’une culture dans un lieu donné peut ne pas impliquer son impossibilité, mais seulement la préférence donnée à d’autres plus avantageuses pour ce lieu-là. C est dans sa région natale qu un végétal est cultivé avec le plus do succès et ordinairement qu il 1 a été <1 abord. Les climats analogues lui sont ensuite les plus favorables , et , à mesure qu’on s'éloigne davantage de celte zone, sa culture devient de plus en plus difficile , sa production de moindre en moindre. En ayant égard a ces considérations, la géographie botanique et 1 agricole s'éclaireront mutuellement. La première empruntera a la seconde des points de repère bien définis , et, une lois qu on aura mi cerlams végétaux spontanés accompagner telle ou telle culture, en

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