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PLANTES CULTIVÉES

amener à maturité. C'est ainsi qu'on la cultive maintenant en Islande, et à des hauteurs considérables sur les montagnes d'Europe, là où les Céréales ne peuvent plus réussir. Dans les pays chauds, au contraire, la Pomme de terre dégénère facilement, et est en conséquence abandonnée, si ce n’est à des hauteurs suffisantes pour ramener le climat aux conditions convenables de température. Sa culture est générale, suivant M. de Humboldt, dans les Andes équatoriales, entre 3,000 et 4,000 mètres.

§ 6 47. Dans le haut Pérou, le Quinoa , espèce du genre Chenopodium , de la famille des Atriplicées, était communément cultivé, avant l'arrivée des Européens, pour ses graines farineuses, et il l'est encore, quoiqu’à un beaucoup moindre degré.

§ 648. Plusieurs espèces du genre Polijgomm , type de la famille voisine des Polvgonées (§ 573), dont la graine offre une composition analogue, servent, pour cette raison, habituellement d’aliment aux peuplades qui habitent les montagnes septentrionales et les hauts plateaux de l’Asie, d’où ces espèces sont originaires. L’une d’elles, le Sarrasin (P. fagopyrum ), est très répandue dans le nord de l’Europe, particulièrement dans la Bretagne, où elle forme la principale nourriture des paysans

§ 649. Les populations de quelques districts montagneux, dans l’Apennin en Italie, en France dans les Cévennes et le Limousin, se nourrissent, pendant une partie de l'année, do Châtaignes. Le Châtaignier (§ 566) croît spontanément dans toutes les régions mofituousos du midi de l’Europe, dans l’Asie Mineure et lo Caucase, et il est cultivé assez loin de ses limites naturelles. Mais il lui faut, pour que son fruit mûrisse, un certain degré do chaleur assez longtemps prolongé. Au delà de Londres et delà Belgique, vers 51 degrés, il ne vient plus à maturité et n’est plus cultivé comme fruitier, mais seulement pour son bois ou pour l'ornement. Comme en sa qualité d'arbre, il doit subir toute l'inlluenco des hivers, il est probable pic sa limite au nord est marquée par une ligne isochimèno. Mais ) I redoute aussi la chaleur : déjà , eu Italie, il no croit que sur lo | retichant dos montagnes, et il manque à l’Atlas.

S 050. Entre les tropiques, dans toutes les parties pou élevées I m-dessus du niveau de la mer, ce sont d'autres produits végétaux I pii nourrissent l'homme, parce que, en général, la quantité de sullj lance alimentaire fournie par eux est beaucoup plus considérable ' ur un espace donné, et que, d’ailleurs, les fruits obtenus, lo plus I ouvent presque sans culture, favorisent l'aversion aux rudes ira- ' aux sous un climat brûlant. Nous avons cité : 1° lo llamuiicr , qui I st cultivé pour ses fruits jusqu’en Syrio, vers 34 degrés, et 1 ni, dans les Andes , no fructifie qu'avec peine à une hauteur de

-,000 mètres, où la chaleur moyenne tombe à 18-10 degrés; 2" le Dattier ( § 558 ), Palmier de l’Afrique septentrionale ou certaines populations se nourrissent de son fruit , qui ne peut mûrir au delà d’une certaine ligne allant de l’Espagne jusqu’en Syrie, du 39e au 30e degré, quoique l'arbre puisse encore végéter quelques degrés plus au nord; 3° le Cocotier (§ 558), originaire de l'Asie méridionale, maintenant répandu, comme le Bananier, sur toute la zone intertropicale , mais se plaisant seulement sur les bords de la mer, loin de laquelle on ne peut l’obtenir. Il demande une température moyenne déplus de 22 degrés, s'arrête par conséquent, à peu près là où commencent les Céréales, et fournit à certains peuples, par exemple, ceux de la péninsule de l'Inde et de l'ile de Ceylan, un objet important de nourriture et de commerce ; 4° l'Arbre à pain (tj 567), aliment de la plupart des habitants des îles de la mer du Sud , dont il est originaire . transporté maintenant aux Antilles, au Brésil, à la Guyane, et à l'ile de France, mais qui craint assez le froid pour ne pouvoir dépasser le 22,; ou 23e degré de latitude.

§ 651 Citons encore quelques plantes alimentaires cultivées pour leurs racines farineuses : Y Igname [ Dioscorea alata ), originaire de I archipel Indien , et dont la culture ne s’étend guère au delà de 10 degrés de chaque côté de l’équateur dans l’ancien monde; la Patate (§ 604), venue de l’Inde, mais qui réussit jusque dans nos climats tempérés, quoiqu'elle cesse d’être cultivée en grand au delà de la zone chaude, c'est-à-dire de 41 à 42 degrés ; le Manioc (§ 568 , répandu du Brésil jusque sur la côte occidentale d'Afrique, cultivé en Amérique jusqu’au 30e degré des deux côtés de l'cquateur, et qui ne peut l'être sur les montagnes à une élévation surpassant 1,000 mètres.

§ 652. Nous avons vu , à l’article des différentes familles, à quel point les boissons fermentées et alcooliques sont recherchées par l’homme , qui s’en procure dans presque tous les pays au moyen des végétaux qu'il peut y avoir à sa disposition. Nous en examinerons ici un seul, le plus important de tous, la I igné (§ 585 ), relativement aux limites de sa culture en grand pour la fabrication du vin. Cette limite paraît s'être étendue autrefois plus au nord que maintenant, puisqu'on faisait du vin en Bretagne et en Normandie, où l’on n on fait plus, moins sans doute parce que le climat se serait détérioré, comme quelques uns le prétendent , que parce que la civilisation , facilitant les échanges et les transports, a engage a substituer d autres cultures plus avantageuses a colle-la, cl a abandonner un produit médiocre et incertain, qu on pouvait aisément et sûrement tirer supérieur d’autre part. Quoi qu il en soit, la ligne ou s’arrêto actuellement la culture en grand de la Vigne commence

PLANTES CULTIVÉES. — VtüNE. oS3

maintenant sur la côte occidentale de France, vers Nantes (47n,20) : de la elle remonte jusqu’auprès de Paris (49 degrés) , un peu plus haut encore en Champagne , et sur la Moselle et le Rhin , jusqu'à 31 degrés ; puis , après quelques ondulations, passe à peu près au même degré en Silésie , redescend ensuite , vers le midi , a 48-49 degrés en Hongrie, d’où elle se soutient à la même latitude jusqu’en Crimée et au nord de la Caspienne, où elle disparaît. La limite méridionale de la Vigne est aux Canaries vers 27", 4 8 , puis elle suit le littoral de la Barbarie, s’y interrompt pour reparaître surun petit point de l'Égypte et beaucoup plus abondante en Perse, à 29 degrés et même à 27 degrés. Elle ne mûrit pas au Japon , et n’est pas cultivée dans la Chine , où sans doute elle pourrait l'être, mais dont tout le vaste empire est voué à la boisson du Thé.

Dans l’autre hémisphère et en Amérique, cette culture a été tentée avec succès, sur quelques points disséminés, d’après les habitudes et les idées des colons, mais non sur une échelle assez générale pour que sa circonscription actuelle puisse être considérée comme nécessaire et fixée par la nature. Dans l’Amérique septentrionale, où les premiers navigateurs trouvèrent plusieurs espèces distinctes de Vignes croissant spontanément, la limite septentrionale de sa culture ne dépasse pas :17 degrés sur les bords de l’Ohio , 38 degrés dans la Nouvelle-Californie ; sa limite méridionale , 2(i degrés à la Nouvelle-Biscaye, 32 degrés au Nouveau-Mexique. Dans l’hémisphère austral, où elle n’atteint certainement nulle part 40 degrés, on I observe au Chili et dans la province de Buenos-Ayres ; vers 3 4 degrés dans la Nouvelle-Hollande et au cap de Bonno-Èspérancc, si renommé par son vin.

Quant aux montagnes d’Europe, elle monte au plus à .300 mètres en Hongrie; dans le nord de la Suisse, à 550 ; ne dépasse pas 050 sur le versant méridional des Alpes, et peut s’approcher de 960 dans l'Apennin méridional et en Sicile, quoiqu’à Ténéri ll'o elle n'aille qu’à 800.

De tout ce qui précède on peut conclure que la Vigne veut un climat tempéré, mais quelle sc règle moins sur la température moyenne que sur la température de l'été, qui doit avoir une certaine force pour mûrir ses fruits, et une certaine durée , pour que celle maturation , qui doit s achever en automne, y trouve encore une température assez élevée. Ne rencontre-t-elle" nulle part sous les tropiques ces conditions favorables? Les observations modernes semblent décider la question affirmativement, puisque, outre certains points déjà signalés autrefois ( comme une des îles du cap \cit , celle de Saint- 1 homas près de la côte de Guinée, et i’Abvssinio), on lait maintenant sur la cote ouest, de 1 Amérique méridionale,

ta

\ei\s le 1 8e, le 1 4e et jusqu'au G1' degré, du vin dont les voyageurs parlent avec éloge. On pourrait supposer que les hauteurs où cette culture a lieu compensent les latitudes trop basses ; mais cela ne peut être vrai partout, puisqu’on la voit, sur certains points, descendre jusqu'à la côte. Seulement il faut que le climat soit extrêmement sec, et 1 humidité semble autre part la rendre impossible.

§ 6133. Les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'exposer la distribution de plusieurs autres végétaux cultivés comme utiles a 1 économie et à 1 industrie, et nous forcent de renvoyer aux courts renseignements dont quelques uns d eux ont été l'objet à 1 article de sa famille , comme 1 Olivier, la Canne à sucre ( § 656 ) , le Caféier (§ 606 ), le Cacao ( § 686 ) , le Thé (§ 687), et diverses plantes servant à la fabrication des fils et cordages, des tissus, ou à la teinture.

Nous nous contenterons , en finissant , d’appeler l'attention du lecteur sur cette liaison intime des diverses branches de la science entro elles, et des connaissances théoriques avec la pratique. La classification , éclairée par l’élude de 1 organisation , éclaire à son lour celle des propriétés ; elle introduit l’ordre dans le chaos des innombrables espèces végétales, permet de constater celles qui sont propres à chaque point du globe, conclut des associations naturelles des végétaux, desquelles résulte la llore de chaquo contrée et de chaque terrain , celles que l'art peut essayer, et devient ainsi 1 un des auxiliaires les plus utiles do l’agriculture.

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