‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 156 sur 194 · III. - LUXATIONS DES COTES ET DES CARTILAGES COSTAUX · texte numérisé non relu

III. - LUXATIONS DES COTES ET DES CARTILAGES COSTAUX

Si l'on range, comme nous l’avons fait, les luxations chondro-costales parmi les fractures des cartilages, les luxations de côtes comprennent : les luxations des côtes sur la colonne vertébrale, des cartilages costaux sur le sternum, et des cartilages les uns sur les autres.

a. Luxation costo-vertébrale. — Ces luxations sont fort rares, ce qui se comprend facilement, étant donnée la solidité des ligaments, la profondeur de ces articulations, le peu de mouvements dont elles sont douées, et surtout le peu de résistance de ces os qui se brisent facilement.

Paulet n'a pu en réunir que sept cas, sur lesquels deux, celui de Bultet ne serait pour la plupart des auteurs qu’une fracture, et celui de Kennedy pourrait même être mis en doute. Cependant l’existence de ces luxations n'est pas douteuse, les cinq autres faits cités par Paulet ayant permis de les constater à l'autopsie.

On a constaté.

Une luxation de la 11^ côte 1 fois.

— 4e côte 1 —

— 6e, 7e et 8® côtes 1 —

— 10® et 11® côtes 1 —

— Ile et 12® côtes 1 —

La cause de ces luxations est toujours un traumatisme d'une violence extrême, portant sur un point limité delà région dorsale, amenant le plus souvent, à la fois une fracture du rachis, et une luxation costo-vertébrale.

Ambroise Paré, qui avait essayé d’en tracer les signes par raisonnement, admettait trois espèces de déplacements possibles, en haut, en bas, en avant.

On ne peut, pour en décrire les symptômes, que s’appuyer sur la description de Kennedy.

Il existait, au niveau de l'articulation luxée, une dépression, et, en exerçant une pression sur l’extrémité antérieure de la côte, on

CH. SOULIGOUX. - AFFECTIONS DE LA POITRINE

déterminait facilement de la mobilité anormale sans crépitation.

1). Luxation chondro-sternale. — Les observations de luxations cliondro-sternales sont rares. Malgaigne n’avait pu en réunir (|ue ({uatre cas. Pas un de ces exemples n’est probant, et les symptômes signalés pouvaient aussi bien se rapporter à une fracture du cartilage près du sternum qu’à une luxation.

Ilamilton en rapporte trois cas '1). Saurel a pu les reproduire expérimentalement ( 2). Moi-même, j’ai constaté sur des pièces expéri^ mentales de fracture du sternum, des luxations incomplètes.

Du -ic cartilage costal gauche. 1 fois.

Du 3e cartilage costal gauche 2 —

Ce qui confirme le fait que la luxation paraît se produire plus facilement dans les articulations chondro-sternales supérieures.

Les symptômes sont les mêmes que ceux des fractures des cartilages, c’est-à-dire qu'il y a de la douleur, un déplacement facilement appréciable et réductible, mais difficile à maintenir réduit.

c. Luxation des cartilag-es les uns sur les autres. — Au nombre de 3, en général, ces articulations cbondro-chondrales réunissent la (>*, 7% 8% 9°; mais il n’est point rare de rencontrer une quatrième articulation entre la 9° et la 10®.

Les luxations sont très rares. On n’en connait que 3 cas publiés par Martin, Boyer, Malgaigne, et, dans tous, la luxation s’était produite sous rintluence musculaire. J’en ai observé un cas chez un chien frappé d’un coup de pied.

Le déplacement a été différent dans les 3 cas précités. Sur le malade de I)Oyer, le cartilage luxé était enfoncé, sur celui de Martin il faisait saillie en avant, et sur celui de Malgaigne il y avait rapprochement et imbrication des cartilages luxés ainsi qu’une diminution des espaces intercostaux en avant.

Les signes fonctionnels sont la douleur et la gêne de la respiration ([ui accompagnent d’ordinaire les traumatismes qui atteignent le gril costal.

Le traitement consiste à réduire et à maintenir la réduction sous un bandage légèrement compressif; mais la guérison avec réduction parfaite n’est pas facile à obtenir. La persistance de la déformation ne présente d’ailleurs qu’un médiocre inconvénient.

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