‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 44 sur 194 · VI · texte numérisé non relu

VI

qui ne sont comparables en aucune façon avec les procédés simples, bénins et sûrs que nous avons exposés plus haut, et dont l’efficacité n’est pas contestable. Aussi la méthode de Langenbeck n’est guère praticiuée.

Il en est de même de celles qu’il nous reste à étudier.

Nous avons vu qu’après des tentatives généralement stériles pour oblitérer les fistules à l’aide de topiques appliqués à l’extérieur, on avait tenté de dévier le cours de la salive, ou d’en rétablir le cours naturel. Que pouvait-on tenter encore ?

L’arrêt temporaire de l’excrétion de ce tluide, ou la suppression définitive de sa production ?

Empêcher la salive de couler pendant quelques jours a été tenté, paraît-il, avec succès par Maisonneuve (1) à l’aide de la compression dans un cas de fistule du canal. Ce résultat est assez extraordinaire — mais on conçoit plus facilement que la compression puisse donner des résultats satisfaisants quand la fistule a pour point de départ la glande. Desault avait admis que la compression de la glande parotide pouvait suffire pour en détruire les fonctions. C’est une illusion (ju’il n’est plus nécessaire de discuter.

La ligature du canal excréteur d’une glande amène l’atrophie de cette glande. C’est un fait de physiologie générale, affirmé par une multitude d’expériences portant sur les glandes les plus diverses. Or 011 a proposé de lier le canal de Sténon, pour amener l’atrophie de la parotide dans le cas de fistule de ce conduit excréteur. Cette proposition est déjà ancienne. Elle a été formulée au siècle dernier par Viborg et Callisen. Elle a été acceptée par Zang et Velpeau. Mais elle parait être restée jusqu’à présent à l’état de conseil purement platonique. Cependant, d’après Delarue, Pelchinsky (*2) en aurait cité un cas favorable.

Les expériences de Cl. Bernard sur le pancréas ont montré qu’une injection, poussée dans le conduit de irsung, amenait l’atrophie de la glande. On a pensé qu’à l’aide d’injections dans son canal excréteur, on pourrait obtenir l’atrophie et la suppression physiologique de la parolide. Les injections de teinture d’iode ont, paraît-il, amené ce résultat chez le cheval (Lafosse, Delamotte, Labat). Chez l’homme, D. Mollière (3) a essayé les injections d’huile d’olive phéni- (piée qui lui procura des succès, mais surtout dans les fistules glandulaires.

Pour nous résumer, nous pouvons dire que des deux grandes catégories de fistules salivaires, fistules d’un canal excréteur secondaire, et fistules du conduit excréteur principal, les premières guérissent volontiers par des moyens très simples, compression, injections irri-

(Ij Maisonneuve, cîiirurgien major du régiment de Sassenage, cité par Louis.

(2) Pei.chinsky, thèse de Saint-Pétersbourg, 187G.

;^3) D. Moi.likue, Lyon met/., 1888.

CALCULS SALIVAIRES

tantes, applications caustiques, pansements occlusifs, et que les secondes, bien qu’on puisse citer d’heureuses exceptions, présentent au contraire de grandes difficultés de traitement, que ce traitement, indépendamment des méthodes qui ont pour but, soit de rétablir, soit de supprimer le cours de la salive, méthodes dont l’une est tombée en désuétude, et dont l’autre, bien qu’ancienne, n’a pas encore fait ses preuves, consiste essentiellement, aujourd’hui encore, dans la déviation du courant salivaire, et que pour atteindre ce résultat, le plus simple paraît être de transfixer la joue avec le bistouri, à l’endroit de la fistule, et de drainer ce trajet pendant quelques jours à l’aide d’un tube de caoutchouc.

Page 1