RUPTURES SPONTANÉES DE L’ŒSOPHAGE
Nous croyons devoir mentionner rapidement la riipiure spontanée de l’œsophage. C’est à peine si la science en renferme une quinzaine d’observations présentant un caractère de similitude frappante (2).
Ces faits, plus intéressants peut-être au point de vue médico-légal, sont remarquables par l’apparition brusque des accidents, leur allure dramatique et leur terminaison fatale. Ordinairement, c’est à la suite d’un repas plus ou moins copieux que le patient, jusque-là en parfaite .santé, est pris subitement de symptômes d’indigestion ; les efforts de
(1) Mermillod, Bev. de inèd. de la Suisse romande. Genève, 1887.
(2) Charles, Jonrn, ofmedic. sc., 1870. — P^itz, Americ. Jouvn. nf med. sc.. 1877. — Roumegoux, thèse de Paris, 1878. — Raimoxdi, Centralhl. fiir Chir., 1888. — ■ Komg, Deutsche Chirurgie. — Wolff et Patfk, Medic. Xews^ 189 J, p. tlü.
vomissements s’accompagnent d’hématémèse, de perte de connaissance. Conserve-t-il encore un certain degré de connaissance, il indique une douleur violente à l’épigastre. Rapidement les liquides contenus dans l’estomac s’épanchent dans le médiastin ou la plèvre, les gaz infdtrent le tissu cellulaire, produisant très vite l’emphysème. Le collapsus s’établit de plus en plus et le sujet succombe : une fois la survie fut de vingt-quatre heures.
La rupture siège ordinairement au cardia et présente l'aspect d’une tissure linéaire verticale de 7 à 8 centimètres. 11 semble établi que ces ruptures sont dues à une altération de date ancienne des tuniques (k rœsophage, et probablement sons la dépendance de l’alcoolisme chronique.
Un resopliage sain ne peut céder aux etforts de vomissement, la muqueuse pouvant supporter, seule, sans se déchirer, une traction de 10 kilos (Zenker et Ziemmsen) ; les lésions sont au-dessus des ressources de la thérapeutiipie.
VAIUCES DE L’ŒSOPHAGE
Nous renvoyons à l’article de Calliard du Traité de médecine de Brouardel pour letude des varices de l’œsophage. Liées à la cirrhose hépati(pie, ces dilatations veineuses résultent de troubles circulatoires hépatiques et sont en général la conséquence de l’alcoolisme chronique. Les hématémèses nombreuses qui les caractérisent cliniquement peuvent simuler un ulcère de l’estomac plutôt qu’une alfection de r(csophage. Leur abondance peut entraîner brusquement la mort du malade (1).