C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE
n’a rien qui doive nous étonner, le Iranmalisnie n’ayanl alors d'autre rôle étiologi(iue ({ue de localiser la détermination morbide chez un sujet en imminence d’inlection.
B. Plaies. — Les plaies par piqûres n’olTrent guère d’intérêt, en dehors de celles (|ue produit parfois le chirurgien en pratiquant une injection iodée; aseptiques, elles sont insignifiantes ; par contre, dans plusieurs observations se trouvent signalés des abcès consécutifs à des piqûres dont quelques-uns renfermaient les débris de l’aiguille brisée.
On cite un certain nombre de faits de blessures du corps thyroïde par des projectiles d’armes à feu, qui ne présentent aucun intérêt particulier; mais le jdus grand nombre des plaies est produit par des instruments tranchants, ordinairement à l’occasion de tentatives de suicide ou d'assassinat. Souvent d’ailleurs il existe en même temps des lésions graves d’organes plus importants: trachée, œsophage, gros vaisseaux.
L’hémorragie est parfois abondante, au point de mettre la vie en danger. Ce|)endant, à part les cas où les divisions principales des thyroïdiennes sont atteintes à leur entrée dans la glande, l’écoulement sanguin se fait en nappe et la compression en vient assez facilement à bout. Dans la trachéotomie, on peut être amené à sectionner l’isthme, mais, à moins qu’il soit exceplionnellement volumineux, sa blessure est sans danger; il est d’ailleurs facile de le récliner. Chez l’enfanl, il n’y a pas à s’en préoccuper.
En présence d’une plaie du corps thyroïde, l’indication est comme partout ailleurs de pincer et de lier les artères, si l’on en voit qui donnent du sang. Pour arrêter l’hémorragie en nappe, une suture perdue au catgut suffirait. Dans le cas de plaies par lame étroite saignant avec une certaine abondance et faisant craindre l’infiltration sanguine dans le tissu cellulaire du cou, il ne faudrait pas hésiter à débrider pour aller à la source de l’hémorragie.
Les plaies contuses se comportent à peu près comme des plaies simples. Nous verrons d’ailleurs plus loin, à propos des opérations appliquables aux goitres, que les manœuvres intraglandulaires doivent être pratiquées avec le doigt. Cette dilacération de la glande suivant le mode des plaies contuses est le meilleur moyen de diminuer l’hémorragie, et la réunion n’en est pas entravée.
IL — CONGESTIOxX
La congestion mérite une mention spéciale à propos du corps thyroïde ; on l’observe en effet fréquemment, soit qu’elle se montre à titre de phénomène purement physiologique, soit qu’elle complique des lésions goitreuses, dont elle provoque la manifestation apparente ou l’aggravation.
THYROÏDITE.
La congestion physiologique du corps thyroïde a des rapports encore inexpliqués avec les fonctions de l’appareil génital. C’est ainsi qn’on l’observe au moment de la puberté, parfois aux époques des règles et après la défloration. Mais c’est principalement pendant la grossesse qu’elle est le plus marquée. Chez la plupart des femmes, à partir du quatrième mois jusqu’à l’accouchement, quelquefois aussi durant la lactation, le corps thyroïde est manifestement augmenté de volume et forme une saillie apparente. Mais il n’existe aucun trouble fonctionnel, et, dans les cas rapportés par certains auteurs, se manifestant par des accidents graves susceptibles d’aller jusqu’à l’asphyxie, il ne s’agissait certainement plus de congestion, mais d’un de ces goitres vasculaires dont nous verrons les allures rapidement graves.
La congestion toute mécanique d’ailleurs du corps thyroïde s’observe encore sous l’influence de l’effort. C’est la tuméfaction manifeste de la glande dans ces conditions qui a servi de base aux théories attribuant à la glande un rôle tutélaire par rapport à la régulation de la circulation cérébrale, soit qu’on la considère comme un réservoir de dérivation (Liebermeister), soit qu’on la regarde comme une sorte de tampon compresseur destiné à elfacer automatiquement en augmentant de volume la lumière des carotides primitives (Guyon). Quoi qu’il en soit de ces théories qui s’effacent aujourd’hui devant l’importance de la fonction glandulaire du corps thyroïde, il est certain que la glande augmente de volume pendant les elTorts violents de l’accouchement, des crises éclamptiques et hystériques. Ici encore, il ne s’agit ([ue d’une turgescence delà glande ne dépassant pas les limites physiologiques, et si, dans certains cas, on l’a vue entraîner des désordres anatomiques, tels que des épanchements sanguins ou des hypertrophies, il est vraisemblable (jue ces altérations ont été préparées par une lésion autre de la glande telle qu’un goitre préexistant.