‹ Bouddhisme chinoisChapitre 11 sur 185 · 僧 怯論師 Si^tiikbyas, animistes alliées · texte numérisé non relu

僧 怯論師 Si^tiikbyas, animistes alliées

On voit que les Bouddhistes introduisirent en Chine bon nombre de nolions philosophiques étrangères. Il faut tenir compte de ce fait, daus l’élude des systèmes chinois postérieurs, quels qu’ils soient, et ne pas prendre des emprunts pour des invenliuus.

Introduction. IX. Ecoles chinoises.

Ecoles chinoises.

K. — Hïnayâna. 俱舍宗 Kiu-chee-tsoung. 一 Ce sont les Sarvâslivâda chinois (ci-dessus A, deuxième groupe), tenants des skandha réels et (lu moi-série ; « la bouteille est vide, mais la bouteille est». — VasubaQdhu 世親 Cheu-ts’inn ( Index n.6), est leur principale autorité. Le Abhidharma-kosaéâstra fif 驰達磨 俱舍論 ApMtamouo-kiuchee-lunn, est leur principal traité (d’où leur nom). — Cette école est ce qu'il y a eu, en Chine, de plus authentique, en fait de Bouddhisme、 Introduite, en 563, par Paramarthu 眞 5 帝 Tchenn-ti ( Index n. 165), elle se maintint longtemps, grâce au sérieux de ses doctrines, et au nombre de ses livres. Sa décadence, commencée vers le dixième siècle, fut causée par la substitution de l’Amidisme au Bouddhisme. Importée au Japon dès le septième siècle, l’école Kou-cha-shu ne s’y répandit pas.

L. 一 Hïnayâna. 成實宗 Tch’eug-clieu-tsoung. — Ce sont les Sautrâaiika chinois (ci-dessus C), tenants de l'irréalité, et du moi, et des skandha; «la bouteille est vide, et la bouteille n’est pas ». — Harivarman M 孽跋摩 Ho-li-pa-mouo (Index n.40 ), est leur principale autorité. La Salya-siddhisâstra 成實論 Tch'eng-cheu-lann, est leur principal traité (d’où leur nom). — Connue en Chine, entre 406 et 411, par les traductions de Kum irajïva 鳩 摩羅什 Kiou-mouo-louo-cheu ( Index n.1 15), cette école n’eut que peu de succès, et s’éteignit du septième au huitième siècle. Importée au Japon au septième siècle, l’école Jo-jitsou-shu ne s’y répandit pas.

M. — Mahâyâna. 法相宗 Fa-siang-tsoung • — Tenants de l’idéalisme subjectif Madhyamayâna (ci-dessus D), de Asvaghosha 馬鳴 Ma-ming < Index n,2). Quelque chose comme le moi absolu de Fichte, le moi seul étant réel, l'univers émané de la pensée étant imaginaire. — Les principaux traités de cette école, sont le Vidyâ-mâtra-éâstm 唯識論 Wei-cheu-Iunn d« Vasubandhu 世親 Cheu-tsMnn (Index n.6), avec le commentaire 成唯識 論 Tch'eng-wei-cheu-lunn de Dharmapâla 護法 Hou-fa ( Index n.16), traduits en 618-659 par 玄裝 Huan-tsang (Index n.195), qui introduisit et propagea cette secte en Chine, après son retour de l’Inde en 645 Elle fut eu faveur durant assez longtemps, puis succomba, vers le dixième siècle, vicli-

de I'Amidisme. Transportée au Japon à deux reprises, au septième «t au huitième siècle, l’école Hosso-shu s'y répandit beaucoup.

N. — Mahâyàna. 三論宗 San-Iunn-tsoung. — Tenants du nihilisme dialectique Madhyamika (ci-dessus E), de IVâga 丨 juna 龍樹 Loung-chou (Index n、3). Ces sophistes nient l’objet, puis le sujet, et concluent au nr;int universel. — L’école se réclame de Nâgarjuna, et de son disciple De va üi ^ T'i-p'ouo (Index n、4). Les trois luun s stra qui lui ont valu son nom, sont le Madhyamika-éâst.ra 中論' Tchoung-lumi, et le Dvâdasa-nikâya-sustra 十 二 P5 lé Gheu-eull-menn-lunn, de Nâgarjuna; plus le àaU-iislra 百

Introduction. IX. Ecoles chinoises.

Pai-lunn, de Deva. — Connue en Chine, vers 411, par les traductions que fit Kuraârajiva (ci-dessus L) des trois sâstra susdits, la secte s’éteignit dès le huitième siècle. Implanté au Japon au septième siècle, le San-ron-shu y prospéra.

O. — Mahâyâ-na. 睾嚴宗 Hoa-yen-tsoung • — Panthéisme réaliste, tout, même les contraires, étant un, dans te sein d’une nature absolue. —

41s se réclament de Buddhabhadra 覺賢 Kiao-hien ( Index n. 103), qui traduisit en Chîae, en 418, le Avatamsaka-sfitra 華巌經 Hoa-yeu-kiog, lequel a donné son nom à la secte. Celle-ci fut organisée parle moine chinois 杜順 Tou-cliounn (Index n. 192), qui en est le vrai oatriarche. Il mourut en 640, •Agé de 84 ans. — Cette école prétend posséder l'eoseigoement relevé et complet du Bouddha. Devenue très prospère, eHe répandit eo Chine la croyance à la multiplicité des Bouddhas, et à la possibilité pour tous de devenir Bouddhas. Sa décadence ne commença que vers le dixième siècle, par suite des progrès de l'Amidisme. Importée au Japon au huitième siècle, elle y est connue sous le nom de Ke-gon-shu.

1' — Mahâyâna. 天台宗 T'ien-t'ai-tsoang, ou 法華宗 Fa-hoa*tsoung. — Ecole purement chinoise, fondée au sixième siècle. Tenta de concilier tous les extrêmes, en divisant renseignement traditionnel du Bouddha, par séries et périodes. Il y aurait des textes réalistes et d'autres idéalistes, des oui et des non, selon le temps et le bat. Il faut interpréter et classer ces textes, qui ne se contredisent pas (comparez page 93, tiote 3 ;. Tout homme a en lui-même la nature d'un Bouddha, et deviendra Bouddha s’il développe cette nature. —

Le fondateur 智顗 Tcheu-k’ai (Index n.186), mourut en 597, âgé de 67 ans. Son école fut la plus distinguée et la plus répandue des écoles chinoises, jusqu'au quatorzième siècle、 Sa réputation ne baissa, que quand le flot toujours montant de l’Amidisme ei du Mysticisme, submergea le Bouddhisme. — '! Les deux noms de l'école lui viennent, l’un du fameux couvent 天台 T’ient’ai près de Ning-po ; l'autre, de son principal livre 法華經 Fa-hoa-king, Saddharma-puinlanka-SiUra. Implanté au Japon au commencement du neuvième siècle, le Ten-dai-shu y devint très florissant.

Q. — Vinayisme. 律宗 Lu-tsoung. — Ecole parement chinoise, fondée au septième siècle. Moralistes qui prétendent faire abstraction des discussions des deux Véhicules. Réaction positive, contre les divagations des philosophes. Renouvela le veto spéculatif, et le pragmatisme du Bouddha. Qu'importent les théories!., la pratique, voilà l'important. L'homme doit, à force de méditer les principes de la morale, bonifier son coeur, puis ses actions; il doit exercer la charité, et finir par faire profession publique de bienfaisance universelle; c’est là l’apogée. — L'auteur de cette école, 道宣 Tao-suan ( Index n. 205), écrivain d’une grande fécondité, mourut en 667, âgé de 72 ans. La Dharmagupta-vinaya 四分律 Seu-fenn-lu, des Sarvâstivâda, est le manuel de la secte, laquelle eut, sur la moralité chinoise, une influence étendue et bienfaisante. Elle s’est maintenue, même contre l'Amidisme, jusqu'à dos jours. Intmduil au Japon en 753, le Ri-lsou-shu s’y est maintenu également.

Introduction. Ecoles chinoises.

R. — Amidisme. 淨土宗 Tsing-fou-tsoung. — Religion nouvelle, faite de prières et d'invocations, n’ayant de bouddhique que quelques apparences empruntées, squs le couvert desquelles elle s'introduisit. — Terre pure occidentale du Bouddha Amitabha (Amida); élysée dans lequel le dévot cherche à renaKre d’un lotus (Introduction VIII, 3) •— Connue dés avaiU 186vpar les écrits du moine kouchan Lokakshin 婁迦識 Leau-kia-tob'an (kidex n.59), la secte ne se propagea pas, d’abord. Mais plus tard trois traités lui donn-èreat de la vogue, et marquèrent les trois étapes de son envahissement. — Amitabha-vyûha 路 量壽經 Ou-leang-cheou-king, traduite par le moine touraüieivSarj 丨 ghavarman 僧錯 SeDg-k’ai (Index n. 70), en -25-2. — Sukhavatïrvyûha 阿 彌陀經 A-mi-fouo-king, traduit par Kumârajiva (ci-dessus L), en 402. — Amitayus-dhÿâna-sütra 觀無 î 壽經 Koan-ou-leangcbeon-king, traduit par Kâlayasas 時稱 Cheu-tch'eng (Index n. 129), en 424. — Ce culte d’une déité miséricordieuse et indéfinie, supplanta en Chine te vrai Bouddhisme. II fut embrassé par les foules, parce que simple et aisé. — La secte dure et règne encore. Item, au Japon、 1s Jo-do-sha, depuis le douzième siècle..

S. — Tantrisme. 眞言奈 Tchenn-yen-tsoung. 一 Celte secte, qui se réclame de Samantabhadra 普賢 P’ou-hien (Index n. 55), et de Aryasamgha, Asamgha ou Asafiga 無著 Ou-tchou (Index n. 5, vers l’an 150), fut introduite en Chine, au huitième siècle, par Vajrabodhi 金剛智 Kinnkang-tcheu (Index n.232), puis propagée par èubhaka 丨, a 善無 畏 Chanou-wei (Index n.233), et surtout par Amogha 不 空 Puu-k’oung (Index n.234). — Elle inventa une sorte de trhiité, les trois personnages àâkyamunîï Amitabha et Vairocana, ne formant qu'un seul Bouddha. EU©' proposa sa doctrine comme leur enseignement ésotérique, d’où le nom vulgaire 密教 Mi^kiao ou Mi-mi-kiao, l’enseignement secret, que la secte porte ea Chine. Elle fak un grand usage de formules mantra 具言 paroles efficaces (d’où son nom), de mudrâ 法 印 gestes significatifs, d'une gymnastique respiratoire pour condenser le souffle, d’une sorte d’hypnose qui produit des hallucinations, etc. ; le tout emprunté au Yogisme ( Introduction VI; et VIII, 4). — Les textes principaux de la secte, sont Vaj ra-seWiaravimâna-sai,va-yoga-yogi-sütra 金 蜂權 間一切 瑜 fljl 琉破經 Kinn-kang-fong-leou-ko i-ts'ie u-kia u-k'i kinp, traduit par Vaj rabodhi entre 723-730; Mahâ-vairocana-sütra 大眺 盧遮 那成 神 —加持 經 Ta PM-lou-tchee-na tch’eng-fouo chenn-pien kia-tch'eu king, et Susiddhikara-sütra M 悉 地掲羅 經 Sou-si-ti-kie •丨 ouo king, ces deux dernières traductions par Suhhakara vers 730; avec rie nombreux opuscules explicatifs de ces textes, par Amogha. — Pratiquement, cette secte est un mélauge complexe de théisme, d,hindouïsme et de fétichisme. Elle a duré jusqu’à nos jours. Item, au Japon, le shin-gon-shu, introduit au commencement du neuvième siècle.

T •一 Mysticisme contemplatif. 禪宗 Tch’an-tsouDg. 一 Oeuvre chinoise du mystique hindou Bodhidharma 鲁 提達摩 P'ou-t i-ta-mouo, venu eafc

Introduction. X. Historique.

Chine en 520, mort vers 529. Secte fondée exclusivement sur la contemplation dhyâna tch’an, d’où son nom. Renouveau de la contemplation brahmanique, de la vision du Brahman en soi, des Védistes et des Védantins. Le nom seul est changé. Découvrir et reconnaître, par la contemplation, le germe de Bouddha qu’on porte en soi, voilà le but. Dès qu’on l’a reconnu et embrassé, on est Bouddha, dés cette vie. — Combattue par toutes les écoles bouddhiques et autres, cette secte mystique, qui occupe une place absolument à part, place très importante, produisit des contemplatifs et des écrits nombreux. Son fondateur n’a composé aucun livre. La secte ne s’appuie sur aucun traité fondamental, mais sur l’enseignement théorique et pratique de l’art de la contemplation, transmis de maître à disciple. Les traités théoriques jjüji 31 2Ë Tch’an-tsoung tchou-chou, ne font pourtant pas défaut. Mais les collections d’axiomes spirituels JP ^ p5 £$ Tch’an-tsoung u-lou, recueillis de la bouche des plus célèbres contemplatifs, sont surtout nombreux. J’en ai relevé environ 360, dont Ci sous la dynastie Song, 20 sous les Yuan, 46 sous les Ming, et 230 sous les Ts’ing, ce qui prouve que l’école ne s’éteint pas, au contraire. Kl le est, pour les âmes supérieures, ce que l’Amidismc est pour les simples. — Implantée au Japon au huitième siècle, hautement honorée, l’école Zen-shu y fleurit encore.

Bouddhisme chinois. Esquisse historique. 1

Quoi qu'il en soit des contacts possibles, probables, plus anciens, rétablissement officiel et durable du Bouddhisme en Chine, date de l’an 65 de 1ère chrétienne, l’empereur ÜJJ Ming-ti de la dynastie jfj Heou-IJan ayant fait quérir des moines, qu’il établit à la capitale fà FS Lao-yang. La traduction des livres bouddhiques commença aussitôt. Jusqu’à la fin de la dynastie, en 220, les traducteurs indiens kouchans parthes et touraniens, furent à l’œuvre. Si le résultat littéraire fut assez important, le succès de la propagande paraît avoir été plutôt faible, vu l’opposition des Lettrés. — Durant la période troublée des H 19 Trois Royaumes, 220 à 280, les traducteurs ne chômèrent pas. Deux des trois royaumes, ÏX Wei et ^ Ou, leur furent hospitaliers. Nous retrouvons, dans l’index du Tripitaka, des Indiens, des Kouchans, des Afghans, des Parthes, des Touraniens, venus en Chine pour propager le Bouddhisme, lequel ne fit toujours que peu de prosélytes, l'opposition étant vive et la protection manquant. — Enfin des protecteurs se trouvèrent, vulgaires, mais puissants. Ce furent les roitelets huns (turcs) du royaume ® Tchao, établi dans la Chine du nord, alors que la dynastie impériale Tsinn était presque totalement refoulée au sud du Fleuve Bleu.

1 Pour plus Je détails, consultez mes Textes historiques ( Table Bouddhisme. Bonzes. Etc. ).

Introduction. X. Histovicjue.

Plus qu'indifférents à Tégard des Lettres confucianistes, bien servis d'autre part par quelques moines bouddhistes, ces demi-sauvages donnèrent en récompense à ces derniers, en 335, un édit de tolérance, permettant aux Chinois de leurs domaines d'embrasser le Bouddhisme. Les prosélytes vinrent avec la faveur •— Dans les provinces soumises aux Tsinn, l’œuvre de traduction continuait, les moines indiens kouchans afghans parlhes et touraniens afduaient, les couvents se multipliaient. Vers cette époque, les moines chinois commencent à paraître dans les catalogues. — Puis un centre (le Bouddhisme très actif s'ouvrit à 長安 Tch'ang-nan dans le royaume de 卖 Ts'inn, et un autre dans le royaume de 涼 Leang, dans les 南山 Nan-chan. Ce dernier royaume, situé à l’extrême Ouest, servit de trait d’union entre la Chine et l'Inde, viâ Tarim Kotan. La communication étant établie, les pèlerinages des moines chinois aux lieux saints du Bouddhisme commencèrent. 法顯 Fabien, parti de Tch’arig-nan en 399, revint en 414. 一 Bief, l’invasion étrangère, le morcellement de rempire, et la décadence du Confucianisme qui s’ensuivit, furent on ne peut plus favorables au Bouddhisme, qui ne se serait peut-être jamais répandu co nme il fît, si l’empire un avait été aux mains des Lettrés. L'histoire officielle confesse que, en 405, dans la moitié septenlrionale de la Chine, neuf familles sur dix professaient le Bouddhisme. — Dès 37:2, le Bouddhisme avait passé de la Chine septentrionale en Corée, et y avait été accepté avec enthousiasme, comme doctrine chinoise. — Le bon effet de la division continua, s’accentua même, sous les quatre petites dynasties impériales 宋 Song, 齊 Ts’i, •梁 Leang, 陳 Tch’enn, qui succédèrent aux 晉 Tsinn. Quand les Bouddhistes étaient proscrits quelque part, comme cela arriva en 444 par exemple, dans le royaume tongouse. des 元魏 Yuan-Wei, ils étaient aussitôt bien reçus autre part. D’ailleurs ces épreuves ne duraient guère, et étaient toujours suivies d’une recrudescence de faveur. C’est que le Bouddhisme était. aimé du peuple, dont les Lettrés avaient- laissé les âmes sans pain. L'histoire officielle avoue, bien à contre-cœur, que pratiquement, en l’an 500, la Chine entière, nord et sud, était bouddhiste. Ni les Lettrés, ni les gouvernants, ne purent plus rien contre cette force. — Dès le cinquième siècle, les écoles bouddhiques se dessinent. Mieux que cela, la morale bouddhique forme les consciences et adoucit les mœurs d'un peuple fourbe et cruel. — Au sixième siècle, l’empereur 试 帝 Ou-li tles 梁 Leang, fait faire la première collection du Tripitaka chinois (517), puis se fait moine (527). — C'est sur le peuple bouddhiste, que 楊 堅 Yang-kien s’appuya, pour restaurer l’unité de l’empire, et il réussit. Aussi, sous les | 清 Soei, le Bouddhisme régna-l-il en maître. En moins de vingt ans, trois éditions successives du Tripitaka, virent le jour. Il y avait, fiit r histoire officielle, parmi le peuple, mille livres bouddhistes, contre un livre confucianisle. — En 552, le Bouddhisme passa de la Corée au Japon, où il fit fureur. — En Chine, durant le sixième siècle, les trois grandes écoles bouddhiques (IX T en 529, K en 563, P en 597) s'implantèrent solidement. Deux autres écoles (IX O en G40: M eu 645) s'y ajoutèrent au septième siècle, durant lequel le grand moraliste 道宣 Tao-suan exerça aussi son active et bienfaisante influence (IX Q). — Au commencement des 唐 T’ang, les Lettrés obtinrent (en 626) qu’ou appliquât

Introduction . X. Historiqur.

aux Bouddhistes des mesures de rigueur. Cela ne dura pas. Sous IMmpératri- I ce 武后 Ou-heou (690), ils furent au comble de la faveur. En l’an 740, dans la seule ville de Tch’ang-nan, on compta 64 couvents bouddhistes ' d'hommes, et 27 de femmes. Deux éditions du Tri pi ta ka furent faites en 35 ] ans. — En 768, le moine Amogha, le propagateur du Tantrisme (IX S), favori ] de l’empereur, marchait de pair avec les ministres, et l’engouement pour le Bouddhisme était tel, qu'en une seule séance, à la capitale, on recevait mille novices. — En 845, à l’instigation des Taoïstes, l’empereur 武宗 Ou-tsoung supprima d’un coup, par édit, 4600 couvents, et laïcisa 260.500 moines et ] nonnes. Deux ans plus tard, en 8i7, sous l’empereur 宣 宗 Suan-tsoung, la ] roue ayant tourné, tout ces dégâts étaient réparés avec usure. Et ainsi de suite, au cours des temps. Le Bouddhisme chinois fit preuve, à travers les | siècles, d’une vitalité extraordinaire. C’est qu'il avait pour lui tout le peuple. : Rien n’est plus faux, que de croire, que la peuple chinois ait jamais été con- < fucianiste. La vérité est que les Lettrés, qui méprisèrent toujours le peuple, I n’eurent sur lui presque aucune intluence. — De là vient que, jusque dans ! les temps modernes, chaque fondateur de dynastie crut devoir faire les frais I d’une nouvelle édition du Tripitaka, pour s'attacher, par cet acte rte dévotion vraie ou simulée, les moines, et par eux le peuple bouddhiste. Le premier ] empereur des 宋 Song, s'exécuta en 972; le fondateur des % Yuan, en j 1285-1287 ; celui des 明 Ming, en 1368. — Si la dynastie mandchoue (les 淸 Ts’ing, fut plutôt froide à l’égard des Bouddhistes, parce que, devant sa for- 1 tune aux Lettrés, elle dut faire la cour à ceux-ci plus qu’aucune dynastie 1 chinoise n’a jamais fait ; elle ne put tout de môme pas se dispenser de faire } quelque chose pour la religion populaire, qui est aussi sa religion de famille. ! Elle aussi 6t son édition du Tripitaka, 1735-1737. — Sans doule, il ne fau- 1 cirait pas croire, qu’en Chine tout homme du peuple sait réciter son catéchis- 1 me bouddhique. Mais, s’il n’en possède pas la lettre, l'homme du peuple j chinois eo a pris l'esprit, ce qui est plus. S’il se trouve, dans la Chine actuel- | le, quelque morale, quelque piété ; quand on va aux sources, c’est toujours ] d’un fond de Bouddhisme que cela découle. Le Confucianisme n’a jamais ; produit que des politiciens imbéciles. Pris en masse, les Taoïstes ne sont qu’un ramassis de canailles. Reste le Bouddhisme, pour les âmes de bonne ; volonté, lesquelles, sous une forme ou sous une autre, attendent 彌勒佛 Maitreya le Bouddha futur, et sont souvent amenés, par cette attente, dans le bercail du vrai Messie.

三藏 San-ts’ang, les trois Recueils, le Tripilaka chinois, comprend !

1 ) ie Sütra-p4aka 經藏 King-ts'ang, recueil des écrits doctrinaux.

2) le Vinaya-pifaka 律藏 Lu-ts’ang, recueil des écrits moraux et disciplinaires.

3) le Abhidharma-pitaka 論藏 Lunn-ts’ang, recueil des écrits spéculatifs philosophiques.

De plus, un Supplément

4) le Sarpyukta-pitaka 雑藏 Tsa-ts’ang, collection d’ouvrages divers, historiques, polémiques, critiques, nombreux et importants, œuvres d'auteurs 西土 Indiens, ou 此士 Chinois, successivement ajoutés au corp» du Tiipitaka.

La vaste collection comprend donc, des traductions de textes indiens, et des composilions originales chinoises.

La plupart des auteurs et traducteurs indiens sont nommés. Ils ont ordinairement deux appellatifs, dont l’un est la translittération chinoise de leur nom indien, et l’autre la traduction chinoise du sens de ce nom. 一 Les dates indiennes étant très incertaines et chaudement controversées, je n’ai indiqué que celles qui paraissent approximativement fondées, me contentant d’énumérer les auteurs indiens non datés, dans l’ordre probable des temps.

Par suite des guerres et persécutions dans l'Inde, beaucoup d'originaux bouddhiques indiens ont péri. Les Indiaiiologues travaillent, depuis une cinquantaine d'années, à reconstituer et à éditer ce qui reste, textes cingalais en pâli, textes népalais en sanscrit. — En Chine, par suite des guerres et des persécutions, beaucoup de traductions anciennes ont aussi péri , mais ce qui reste est considérable. I/identification de ces textes chinois, avec

Tripitaka. Editions et Catalogues.

les textes indiens, reste à faire. — Pour autant que j’ai pu constater jusqu’ici". 1° il existe des traductions chinoises, dont l’original indien n’a pas encore été retrouvé... u2° quelques traductions chinoises reproduisent fidèlement des textes indiens encore existants. Le style chinois de ces traductions ] littérales est détestable, la construction indienne ayant été conservée, et ] beaucoup de mots n’ayant été que translittérés... 3° bon nombre de textes ! chinois, sont des interprétations très libres de textes indiens encore exis- | tants. Les interprètes ont interverti 「ordre, changé des morceaux, retranché ] ce qui choquait leur goût chinois, amplifié ce qui leur plaisait, substitué des j notions philosophiques chinoises aux notions philosophiques indiennes, etc. 1 Ces traités sont bien écrits, en bon style, pour cause. Moins intéressants 1 peut-être pour les Indianologues, ils ont un intérêt sinologique considérable. 1

Nota.

D'après les dernières découvertes archéologifjues, l’aimée du Nirvana ] (mort du Bouddha ), serait l'an 479 ( annùe où mourut Confucius), ou l'an 1 477 avant J. G. J’ai basé ma clironologie sur cette dernière date.

Kdi lions officielles successives, et Cataloç|uesf du Tripituka chinois

1) iMemière collection manuscrite de toute la llttéralüre bouddhique chinoise produite de l’an 67 à l’an 517, traductions et compositions, par les soins de l’empereur 武帝 Ou-ll, dynastie 梁 Leang. — Le Catalogue officiel t dressé par le moine 丧唱 Pao-tcli’anjï pn 518, est perdu. Mais nous possédons le Catalogue particulier 出三 栽記集 Tch’ou Saa-ts'ang ki-tsi, du moine (3* jjift Seng-you, lequel s'étend de G7 à 520.

2) Seconde collection manuscrite de tous les livres bouddhiques chinois exislants, en 533-53 i, par les soins du roi 孝武 Hiao-ou, de la dynastie lorigouse 元魏 Vuan-Wei. Catalogue perdu.

3) Troisième collection manuscrite de tous les livres bouddhiques chinois existants, en 594, par les soins de l’empereur 文帝 Weun-li, de la dynastie 隋 Soei. Nous possédons le Catalogue officiel de cette collection 隋艰經 目錄 Soei tchoung-king mou-lou, dressé par le moine 法經 Ka-king, (Jaln filH. U u catalogue privé, avec not«s historiques, le 歴代三 ’iS 紀 fJ-lai sau-pao ki, (laïc 597, œuvre (Je ïï Ë 屏 l'fi-tcirang -fang, l’un fies traductcuib Impériaux, est aussi parveua jusqu'à nous.

Tripitaka. Editions et Catalofjucs.

4) Quatrième collection manuscrite de toute la littérature bouddhifjue chinoise existante, en 602, par le même empereur 文帝 Wenn-li des Soei, Le Catalogue officiel de cette collection 隋琢 經目錄 Soei tchoangking mou-Iou, dressé par une commission mixte de moines et de lettrés, est parvenu jusqu’à nous. Daté 603, il contient les titres de 2109 ouvrages, en 5058 volumes.

5) Cinquième collection manuscrite, mise au point, entre 605 et 616, par les soins de l’e【nperein, 場帝 Yang-ti, de la même dynastie •隋 Soei. Le Catalogue est perdu.

6) Plus de 650 ouvrages nouveaux ayant été rapportés de l’Inde, en l’an 645, et traduits en partie, deux Catalogues furent dressés en Pan 66i, sous la dynastie 唐 T’ang. Ils sont tous les deux parvenus jusqu’à nous. Ce sont:

Le 大唐 內與錄 Ta-T’ang nei-tien lou, par le moine 道宣 Taosuan, qui contient les titres de 2487 ouvrages, en 8476 volumes; et

Le 古今譯 經圖紀 Kou-kinn i king-fou ki, par le moine 靖邁 Tsing-œai.

7) Sixième collection manuscrite, mise au point, en 695, par ordre de l’impératrice 武后 Ou-heou、 Le Catalogue 武周 刊 定眾 目錄 Ou- Tcheoa k'an-ting tchoung-king mou-lou, est parvenu jusqu’à nous. 11 cile 3G<6 ouvrages, en 864( volumes.

8) Septième collection manuscrite, mise au point, en 730, par les soins de l’empereur 玄 宗 Huan-tsoung, dynastie 唐 T’ang. En même temps pai u-

I éfent trois Catalogues, qui sont tous parvenus jusqu’à nous:

開元 釋教錄 K’ai-yuan Cheu-kiao Ion, vulgo K'ai-yuan- Iou.

開元 釋教錄 略 出 K’ai-yuan Gheu-kiao-lou leao-tch’ou, abrégé du précédent.

續 古今譯 經圖紀 Su kou-kinn i king-t'ou ki, supplément au catalogue de Tsiog-raai, de Pa« 664, ci-dessus n0 6、

9) Huitième collection, première imprimée, en l’an 97^, par les soins de l’empereur 太祖 T’ai-tsou, le fondateur de la dy nastie 宋 Soog. Pas de Catalogue connu. — L’impression, au moyen de planches gravées, venait d’être découverte. La première édition imprimée des Jivres classiques chinois,

j avait été tirée de 932 à 953. On voit que les Bouddhistes ne perdirent pas de temps. Il fallut graver cent trente mille planches, poarct:lte première édiliun imprimée du Tripitaka chinois. — Un exemplaire ayant été donné, eu par l’empereur de Chine à celui de Corée, les Coréens le regravérent. C'est fe fameux 高麗本 Kao-li penn, texte de Corée.

10) Neuvième collection imprimée de la littérature bouddhique, en 128o- 1287, par l«s soins de l’empereur 世祖 Cheu-lsou, Koubilüï, fondateur de la dynastie mongole 元 Yuan. Avec le Catalogue 至元 法寶勘 R 總錄

Tripitaka. Editions et Catalogues.

Tcheu-yuan fa-pao k’an t’oung tsoung lou, vulgo Tclieu-yuan-lou, dressé par le moine 慶吉祥 KMng-ki-siang, qui est parvenu jusqu’à nous,

H) En 1306 parut le Catalogue 火藏 聖教法 寶標目 Ta-ts’ang cheng-kiao fa-pao piao-mou, ébauché par 王 .占 Wang-kou sous les 宋 Song, achevé par 管主八 Koau-tchou-pa sous les 元 Yuan. Il est parvenu jusqu’à nous.

12) Dixième collection imprimée, en 1368-1398, par les soins de Pempereur 太祖 T’ai-tsou, le fondateur de la dynastie 明 Ming. Dite « Collection du Sud » parce qu’elle fut imprimée à Nankin. Catalogue 大明 南京大 藏 經目錄 Ta-Ming Nan-king Ta-ts'aDg-kiog mou-lou.

13) Onzième collection imprimée, en i 403- 1424, par les soins de l,empereur 成祖 Toh'eng-tsou, de la même dynastie 明 Ming. Dite « Collection du Nord » parce qu’elle fut imprimée à Pékin. Dite aussi 明本 Ming-penn, texte des Ming. Préface impériale. Catalogue 大明化 京夫藏 經自錄 Ta-Mlng Pei-king Ta-ts'ang-king mou-lou.

H) En 1600, le moine chinois 密藏 Mi-ts’ang remania et fondit ensemble les catalogues des deux Collections des Ming (ci-dessus 12 et 13), pour une édition chinoise privée du Tripitaka. Son Catalogue 大明 重刊三 藏 聖教目 錄 Ta-Ming tch’ouDg-k’an San-ts'ang cheng-kiao mou-lou, a été inséré dans le Supplément du Tripitaka chinois.

15) Douzième et dernière édition impériale imprimée, 1735-1737, par les soins des empereurs 世宗 Cheu-tsoung et 高宗 Kao-lsoung, de la dynastie mandchoue 淸 Ts’ing. Avec le Catalogue 大淸 三藏聖 教台錄

Page 1