Réception dans le chapitre des moines
Conduite par les nonnes de sa Communauté, la postulante se présente devant le chapitre des moines, qu'elle salue par un proslernemmt. Ensuite, le genou droit en terre, et les mains jointes, elle dit:
Vénérable chapitre, éeoutez-rroi ! Moi une telle, avec l’assentiment de ma marraine une telle, j'ai demandé à être reçue comme norme. Maintenant je de mn le au chapitre de me recevoir coin n ■ n mn i, par déférence pour ma marraine, et par charité pour moi.
Après qu’elle a répété cette demande par trois fois, le Cérérnoniaire s’adresse au chapitre, en ces termes :
Vénérable chapitré, écoutez-moi! Avec l’approbation de sa marraine une telle, la postulante une telle vient de vous demander à être reçue comme nonne. S’il vous plaft, je vais lui faire subir, en votre présence, l’examen de règle, sur les empêchements.
Bonne femme, écoule bien ! Voici le moment d'être sincère et franche. Réponds, par oui ou non, à mes questions. N’as-tu rien de commun avec les hérétiques? N’as-lu péché avec aucun moine? N’es-tu pas entrée au couvent pour des motifs pervers? N'as-tu pas violé grièvement la règle? N’es-lu pas eunuque? N’as-lu pas tué tou père ou lanière, un rishi, un arhan, ou un moine? As-tu jamais versé le sang d’un Bouddha? Es-tu vraiment un être humain, et non un animal déguisé? N’es-lu pas hermaphrodite? Comment t’appelles-tu? Comment s'appelle ta marraine? As-tu l’Age requis? As-tu l’habit complet, et l’écuelle? As-tu l’autorisation de les parents, de ton mari? N’es-lu pas endettée. N’es-tu pas esclave? Es-tu vraiment du s"\e féminin? N’as-tu pas quelque maladie secrète, hideuse, contagieuse ou dangereuse, comme la lèpre, un eczéma, la phtisie, la frénésie, une fistule dégoûtante,
. un flux intarissable, ou autre infirmité de ce genre?
La postulante ayant répondu négativement à toutes ces questions, le Cérémoniaire lui demande: «Durant ton noviciat, as-tu gardé la continence?».. La postulante ayant répondu affirmativement, le Cérérnoniaire demande aux nonnes qui l’accompagnent: « Durant son noviciat, a-t-elle gardé la continence?».. Les nonnes ayant affirmé que oui, le Cérémoniaiie s’adresse au chapitre, en ces termes:
Vénérable chapitre, écoutez-moi! Avec l’assentiment de sa marraine une telle, celte postulante une telle, vous demande à être reçu * nonne. Elle dit
XL Recept ion d'n ne nonne.
être libre (le tout empêchement. Elle a Page, l’habit et l'écuelle. Elle a gardé la continence durant son noviciat. S'il vous convient, s’il vous agrée, veuillez recevoir la postulante une telle, présentée par la marraine une telle. — Vénérable chapitre, écoulez-tnoi ! Une telle, approuvée par sa marraine une telle, vous demande à être reçue nonne. Elle a déclaré être libre de tout empêchement. Elle a vingt ans, l'habit et l’écuelle. Elle a gardé la continence durant son noviciat. Que le chapitre veuille bien la recevoir comme nonne!.. Que ceux qui sont pour son admission, se taisent. Que ceux qui sont pour la refuser, le disent. Ceci est la première réquisition.» — Après la troisième réquisition, si personne n’a protesté, le Cérémoniaire conclut: «Le chapitre n’avant pas fait opposition à la demande de la postulante une telle, appuyée par sa marraine une telle, je la déclare reçue.
S’adressant alors à la nouvelle nonne, le Cérémoniaire lui intime les huit cas d’expulsion, en ces termes:
Bonne femme, écoute bien! Le Bouddha, l’invisible, l’Illuminé, a établi huit cas, incompatibles avec la dignité de nonne, de fille du Bouddha, et entraînant l’expulsion de celle qui en commettrait quelqu’un. Voici ces cas:
1 . Tu devras t’abstenir désormais de toute impudicité, /ût-ce avec un animal. Tout acte de ce genre, entraîne la dégradation et le renvoi. Pourrastu t’en abstenir durant toute ta vie? . La nonne répond: Je le pourrai.
! 2. Tu devras t’abstenir aussi de tout vol, fùt-ce d’un fétu, d’une feuille.
S’approprier la valeur de cinq pièces, est un cas de renvoi. Celle qui nuit ou fait nuire au prochain, parle fer, le feu, ou autrement, celle-là n’est plus une nonne, n’est plus une fille du Bouddha. Pourras-tu t’abstenir de ces choses durant toute la vie?.. La nonne répond: Je le pourrai.
3. Tu devras t’abstenir aussi de mettre à mort aucun être vivant, fût-ce une fourmi. Tuer, blesser, empoisonner, faire avorter, user d’incantations ou de maléfices, pour son profit ou pour celui d’autrui, tous ces actes entraînent la dégradation et le renvoi. Pourras-tu t’en abstenir durant toute ta vie?.. La nonne répond : Je le pourrai.
4. Tu devras t’abstenir de tout mensonge, même plaisant. Il est surtout défendu de prétendre qu'on est douée de vertus supranaturelles, du don de contemplation, du détachement absolu; qu’on a atteint tel ou tel degré, jusqu’à celui d’arhane; qu'on a commerce avec les (levas, les nâgas, les démons ou les âmes. Toutes ces vauteries entraînent la dégradation, l’expulsion. Pourras-tu t’en abstenir durant toute ta vie?.. La nonne répond : Je le pourrai.
5. Il est défendu de mettre son corps en contact, avec celui d’une autre personne ou d’un animal, depuis les aisselles jusqu'aux genoux. Tous les contacts lascifs avec un homme, palper, caresser, tirer, pousser; tous ces actes entraînent la dégradation et le renvoi. Pourras-tu t’en abstenir durant toute ta vie?.. La nonne répond: Je le pourrai.
6. Les cas suivants, qui paraissent moins graves, entraînent aussi le renvoi. Toucher la main, ou les habits d’un homme. Se retirer avec lui dans un lieu écarté, y rester, y causer en tête-à-tête. Ou se promener avec lui, s approcher très près de lui. convenir avec lui d’un rendez-vous. Tout cela mérite la dégradation. Pourras-tu t’en abstenir durant toute ta vie?.. La nonne répond : Je le pourrai.
7. 11 est défendu de dissimuler les fautes graves d’autrui, spécifiées dans
XT. Réception d’une nonne.
le formulaire de l'examen bi-nrmrsuel, surtout celles qui sont passibles d’expulsion. Si une nonne ayant quitté sou état, ou ayant été dégradée, ou ayant passé à l’hérésie, une autre nonne dit : je m.e douLais bien qu’elle finirait mal ; elle faisait ceci et cela... Celle qui a parlé ainsi, qui savait, la faute de l’autre et qui l’a cachée, devra être expulsée. Hourras-Lu éviter cette faute?.. La nonne répond : Je le pourrai.
8. Il est défendu de prendre le parti d’un moine ou d’un novice qui a été censuré. Si une nonne sait qu’un moine a été censuré, pour violation de la règle et obstination à ne pas s’amender, ou qu'il a été mis en pénitence... Si, sachant cela, elle s’attache à ce moine... Si, avertie par une autre, elle ne se désiste pas... après la troisième monition restée infructueuse, elle sera renvoyée. Pourras-tu L’abstenir de faire ainsi, la vie durant?.. La nonne répond : Je le pourrai.
Alors le Géré mon iafre reprend:
Bonne femme, écoute! Le Bouddha, l’invisible, l’Illuminé, a établi l’état dos nonnes sur quatre assises:
Premièrement, pour vêtements, se contenter de haillons ramassés dans les balayures. Pourras-tu t’en contenter durant toute ta vie? — La nonne répond: Je le pourrai — La glose ajoute: Si un bienfaiteur fait don d’habits usés, ou de coupons de toile, on peut accepter.
Deuxièmement, pour nourriture,, se contenter de ce qui a été obtenu en. quêtant. Pourras-tu t’en contenter, jusqu’à la tin de ta vie? — La nonne répond: Je le pourrai. — La glose ajoute : Les- repas offerts par des bienfaiteurs, à la Communauté entière ou à quelqu’un doses membres; les repas communs des premier, huitième et quinzième jour de chaque lune, jours de réunion et de chapitre, doivent être acceptés, mais comme aubaines exceptionnelles. Quêter est la règle.
Troisièmement, pour logement, se contenter du couvert d’un arbre. Pourras-tu t’en contenter jusqu’à la fin de ta vie? — La nonne répond: Je le pourrai. — La glose ajoute: Etre logée dans un couvent, dans une chambre, dans une cellule, c’est là une faveur exceptionnelle, qu’on peut accepter comme telle.
Quatrièmement, pour médicament à toute fin, se contenter de purin. Pourras-tu t’en contenter jusqu’à la tin de ta vie? — La nonne répond: Je le pourrai. — La glose ajoute : Si des bienfaiteurs o tirent du lait caillé, de l’huile, du lait frais, ou du miel, ces dons peuvent être acceptés.
Enfin le Cérémoniaire conclut: Te voilà reçue nonne, et instruite des cas de dégradation. Observe la régie, pour ton bien. Rends à ta marraine et à la maîtresse, ce que tu leur dois d’après la règle. Accepte volontiers les avis que tu recevras des deux chapitres, et n’y contreviens' pas. Cherche ton avantage, dans la doctrine du Bouddha, par l’étude et la prière. Ainsi monteras-tu, de degré en degré, jusqu’à celui d’arbane (après lequel il n’y a plus de métempsycose). Ne perds pas, par la négligence, le fruit du sacrifice que tu as fait en quittant le monde. Du reste, dans les doutes et les difficultés, recours, au fur et à mesure, à ta marraine et à ta maîtresse. Maintenant retire-toi!
Texte de Büddhayasas (iTj 分律比 £ 戒本 (entre 403 et 413), retouché par Hoai-sou (mort en 682) 後秦 三藏佛 陀 耶舍 lï。 沙 門懷素 集
Allocution préliminaire (rylbmée) de l'Ancien qui préside.
«Inclinant la lête, nous vénérons le Bouddha, sa Loi et son Ordre. Nous voici réunis pour accomplir la règle disciplinaire, dont l'observation fera durer la vraie doctrine toujours. Vaste comme la mer est retendue des préceptes. Précieux sont-ils, plus que ces trésors qu'on ne se lasse pas de chercher. C'est pour protéger le trésor des préceptes du Sage, que nous sommes ici réunis. Ecoutez-moi donc, afin que soient évités les cas de dégradation et les cas de pénitence. Ecoutez-moi, vous tous qui êtes assemblés ici. Et vous Bouddhas du passé, Vipasyin, Sikhiu, Visvabhü, Krakucchanda, Kanakamuni, Kâsyapa, Sâkyamuni, vous tous, pleins de toule vertu et dignes de la vénération universelle, aidez-moi à parler. Je voudrais bien dirrî ce que j'ai à dire. Sages auditeurs, veuillez tous m'écouler. — Un homme privé de pieds, ne peut pas marcher. De même celui qui vit sans règle, ne peut pas renaître deva dans les cieux. Quiconque souhaite renaître dans les cieux, doit, durant cette vie terrestre, garder avec soin et sans cosse les préceptes, qui sont comme ses pieds ( moraux), et ne pas les léser. — Un cocher qui, devant traverser une passe dangereuse, s'aperçoit qu'il a perdu une clavette de roue, ou que son essieu est fêlé, u'esr-il pas inquiet? Ainsi celui qui a violé les préceptes, sera inquiet à Tlieure de la mort, — Un homme qui regarde son visage dans un miroir, se réjouit ou s'afflige, selon qu'il se trouve joli ou laid. La leclure des préceptes produit un effet analogue. Selon (ju'ils les ont observés ou violés, les auditeurs se réjouissent ou s'affligent. — Quand deu\ armées se livrent bataille, les lâches reculent. Ainsi en est-il, quand les préceptes sont promulgués ; ceux qui sont purs ont confiance, ceux qui sont coupables ont peur. — Comme le roi prime les autres hommes, comme l'océan prime toutes les eaux, comme la lune prime toutes les étoiles, comme le Bouddha prime tous les Sages, ainsi, parmi tous les traités de discipline, c'est Je formulaire qui prime tous les autres. Aussi le Bouddha a-t-il établi, comme une règle dont on ne peut obtenir dispense, qu'il soit lu chaque demi-mois. »