Ibid., p
338 CARRIÈRE DU BODHISATTVA.
infernale pourvu que cette femme soit heureuse et qu'elle ne meure pas^ » Et encore : « Si le saint concourt au salut d'une seule créature et commet un péché qui mérite cent mille siècles d'enfer, il doit prendre sur lui de commettre ce péché, il doit supporter cette douleur infernale, mais il ne doit jamais négliger le salut d'une seule créature 2. »
A mon avis, les docteurs veulent ici établir qu'une pensée de pitié, fût-elle mêlée de désir, est extrêmement méritoire ; ils veulent, non pas excuser le désir, mais exalter la pitié, non pas préconiser la restriction mentale, mais montrer que la pureté d'intention est le tout de la sainteté. Par le fait, nous savons que le célibat est resté la règle du monachisme; de même, sur plusieurs points de discipline, le Grand Véhicule est-il très austère; il proscrit notamment l'usage de la viande que la vieille communauté autorisait à la condition que l'animal n'ait pas été abattu exprès pour les moines^.
Quant au laxisme qu'entraîne la facile rémission des péchés, il né faut pas l'exagérer : nos auteurs combattent le découragement, mais ne
1. Upâyakauçalya, cité Çiksâsamuccaya, p. 167; voir nos Etudes de dogmatique bouddhique, II, p. 70 (Journal Asiatique, 1903, II,