Discours de Combat, deuxième série, p
l6 HlSTOinE DU BOUDDHISME
assurance ; il n'est pas encore venu où nouspourrons prétendre à l'intuition des réalités. Nous sommes souvent avertis, par quelque témoignage fâcheux, des lacunes qui, comme l'a dit fortement M, E. Senart, traversent et désorganisent notre connaissance du Bouddhisme *.
Cependant, j'en suis convaincu, les présentes recherches ne porteront quelque fruit que si nous dégageons de la masse des idées philosophiques, mystiques et religieuses, un certain nombre de notions intelligibles, que si nous traçons les grandes lignes d'une histoire très obscure encore. Les généralisations sont utiles aux travailleurs et aux profanes : elles fournissent aux premiers, comme s'exprime le savant que je nommais à l'instant, des paliers reposants dans une escalade pénible, et elles éveillent chez eux le sentiment de servir à quelque chose; aux seconds, aux profanes, elles apportent, avec quelques résultats presque assurés de la déduction positive, des raccourcis qui peuvent comporter certain enseignement. L'essentiel est de ne pas prendre et de ne pas présenter « un système pour une conclusion irrévocable », à quoi il y aurait « une illusion périlleuse et, pour parler franc, quelque pédantisme- ».
1. Minayeff, Recherches sur le Bouddhisme, Avant-propos, p. iij.