‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 144 sur 186 · Bodhicaryâvatâra, vii · texte numérisé non relu

Bodhicaryâvatâra, vii

3l2 CARRIÈRE DU BODHISATTVA

mais quelque chose leur manque aussi longtemps qu'elles ne sont pas pénétrées par la science ou sagesse [jnàna^ prajhà)^ c'est-àdire par la « notion du vide ». Le « donneur » qui croit à sa propre existence, à la réalité de l'aumône et du pauvre qu'il nourrit, ne possède que la charité « naturelle » [laukika). Par la force même de l'exercice et la conscience de plus en plus efficace de la vérité métaphysique, le « donneur » compatissant obtiendra le stade où le concept de personnalité disparait : la compassion a désormais pour objet, non plus le malheureux qui souffre, mais la souffrance. Enfin, plus haut encore, la compassion « n'a plus d'objet » ; elle s'exerce inconsciemment {anà^ bhoga)^ sans notion de moi et de toi, sans idée de l'aumône. Telles sont les vertus « surnaturelles » {lokottara)\ Alors émanent du futur Bouddha transfiguré, déjà en possession virtuelle de la qualité de Bouddha, des manifestations illusoires, des « corps magiques » qui prêchent et convertissent. Ainsi se trouvent unies la « vacuité » et la compaission.

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