‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 148 sur 186 · Bodhicaryâvatâra, vii · texte numérisé non relu

Bodhicaryâvatâra, vii

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souffrance, qui est le fruit dit « de maturité » [çipàkaphala), mais encore des dispositions pécheresses, qui sont le fruit dit d'écoulement [nisyandaphala). Ajoutons que les damnés, d'après certains théologiens, n'arrêtent pas de commettre de nouveaux péchés *. Le mérite est nécessaire pour compenser le péché, et puisque les damnés sont sans mérite, il faut, semblet-il, pour les sortir de l'enfer, l'application des mérites d'autrui. Gomme, d'ailleurs, les peines du péché doivent être « mangées », reste à en accabler les saints. — Mais cette conception est ' foncièrement hétérodoxe. J'en suis convaincu, le vœu d'assumer les tortures des damnés ne dépasse pas les bornes d'un enthousiasme littéraire et tout platonique. Irréalisable, ce vœu n'en est pas moins «fficace et pour le Bodhisattva et pour ses frères malheureux : toute la discipline altruistique du Grand Véhicule est en effet pénétrée d'un idéalisme intense. L'intention vaut évidemment le fait au point de vue du « héros de charité » qui parfume son âme des sentiments les plus convenables à sa purification; et, quant aux créatures, qui sait si le désir de les assister ne les soulage pas en effet? Aucun bouddhiste, aucun hindou n'en doutera : la

1. J'examinerai quelque jour le problème de l'éternité de l'enfer en traitant du mécanisme de la rétribution, La question est complexe et, ici comme ailleurs, les bouddhistes ne savent pas au juste ce qu'ils pensent.

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