‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 154 sur 186 · APOSTOLAT · texte numérisé non relu

APOSTOLAT

d'adresse politique. Notons en passant que le clergé du Grand Véhicule, --- au scandale des fidèles de vieille observance, — n'hésita pas à donner l'investiture royale à des princes étrangers 1 : il ne fait pas de différence entre l'hindou et le barbare tibétain, scythe, turc ou chinois. Le Bouddha est venu pour tout le monde: « Qu'ouverte soit à tous la porte de l'éternité, a-t-il dit; que celui qui a des oreilles écoute la parole et croie ^. » Et le futur Bouddha doit être un « pêcheur » d'hommes; il doit retirer les créatures de l'océan de l'existence et les amener à la rive du nirvana ^.

Si pénibles qu'aient pu être aux apôtres du Grand Véhicule les sentiers du Pamir, les obligations du « futur Bouddha » exigent l'esprit de sacrifice plutôt que des actes douloureux de renoncement; bien plus, comme nous allons le voir, elles sont singulièrement adoucies par une conséquence logique, mais déraisonnable, du système, par un de ces mouvements tournants qui déplacent le centre de gravité d'une

1. D'après les « songes du roi Krkin », dans Abhidharmakoçavyâkhyâ, Soc. As. fol. 219 b., et Sumâgadhâvadâna, voir les Studien de Tokiwai.

2. Mahâvagga, I, 5.12. Voir Oldenberg, p. 339 etBendalI, J. P. T. S. 1883, p. 77. — Sur les laïcs prédicateurs à Geylan et en Birmanie, Kern, II, 208.

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