Voir ci-dessus, p
haute taille a empêché l'artiste de le placer sous le méditatif Çàkyamuni dont il est la providence incarnée et armée du foudre^. — D'un constant accord, les textes lui attribuent cependant une origine démoniaque. Le Lalitavistara croit qu'il appartient à la race des Yaksas, dii minores dont quelques-uns sont vicieux, et à la caste des Guhjakas, génies des cavernes 2. Le Bodhisattvabhiimi se souvient qu'il est un Yaksa de noble caste, de grand corps et de grande force. Dans des ouvrages beaucoup plus modernes, Vajrapàni dispose de formules magiques par millions; mais il se plaint du mépris de certains moines 3, et, d'après la biographie tibétaine du Bouddha, Çiva, le grand dieu hindou, partageait ce sentiment des orthodoxes. Mal, d'ailleurs, lui en advint. Un jour que Vajrapàni convoquait tous les dieux sur l'ordre du Bouddha, Çiva lui répondit : « Gomment pourrais-je t' obéir, car tu n'es
1. Telle est, je crois, l'interprétation la plus plausible du relief publié par Gruenwedel, Buddh. KunsP, p. 170, d'après A. S. "W. I., t. V, plate XX. I. — Vajrapàni, de nain, est passé géant, comme nous l'apprend le Bodhisattvabhûmi : les prédicateurs doivent, pour détourner les hommes du péché, « créer par la magie soit Vajrapàni, soit un autre Yaksa de grande taille », vajrapïmim anyatamava. va. udâracarnam makï\kâ.yam riiahâbalava. yaksam, . . Dans Hiuentsang, Vajrapàni se divise en huit Vajrapânis.
2. Le texte (p. 75 = Lefman, p. 66 = Rgya-cher-rol-pa, p. 72) n'est pas clair ; on a littéralement : « Les vingt-huit grands Yaksasrois et la famille de Yaksas, nommée souveraine des Guhyakas, d'où Vajrapàni a son origine. »