AGNOSTICISME
Le Bouddhisme se présente comme un ehemin, et le seul chemin, de la délivrance de la douleur ; il veut n'être que cela, une discipline toute pratique, et non point une drsti^ une « vue » , une théorie ou une spéculation, un mata^ une « doxie » ou une opinion *. « Je n'ai pas de spéculation », répète le Bouddha. «Le premier devoir du moine est la concorde, la non-discussion. » Quiconque a une opinion rencontre des gens d'opinion différente. Chacun croit avoir raison; chacun croit que les autres ont tort. Tout cela est mauvais. — Le Maître ne promet à ses disciples aucune révélation métaphysique. Il enseigne qu'il faut « abandonner, quitter, rejeter une opinion sans en accepter, sans en admettre, sans en produire une autre ^ ï>. — « Va, moine, la doctrine du salut est bien expliquée [puisque j'ai expliqué la douleur, sa cause et sa destruction] ; pratique le renoncement et mets un terme à la souffrance. » C'est en ces termes que Çâkyamuni donne aux premiers convertis l'ordination monastique, et c'est là le résumé de la Bonne Loi.
A vrai dire, aucun système indien ne se
1 . Je sais fort bien que dvsti signifie « mauvaise spéculation » (savoir mithyàdrsti, antagr&hadvsii, satkàyadvsti) et qu'il y a une samyagdv&ti « spéculation correcte » laquelle n'est pas une i^i'stt. Mais la samyagdvsXi est kuçalâ, porte des fruits de bonheur, et par conséquent ne conduit pas au nirf&na.