A' OESTE
Quoi ! le plat rimeur d'un stupide poème...
ORONTE
Si stupide soit-il, il l'oet moins que vous même.
PHILINTE
Eh ! là !
PHILINTE. — OhI ORONTE
Dois-je souffrir de cet âne bâté...
ALCESTE
Parbleu ! mon cas est neuf et vaut d'être conté. On me lit un premier sonnet. Je le condamne. Le poète entre en rage et je suis traité dâne. Il m'en lit un second. J'y donne mon bravo. L'auteur entre en fureur : je suis âne à nouveau ! Donc âne si je blâme, âne encor si j'encense ! Je voudrais pourtant bien qu'on me donnât licence De trouver qu'un sonnet est bon ou ne l'est pas, Sans être ânifié dans chacun des deux cas !
Mes vers sont bons au point que, si je ne me leurre, VoTis les avez trouvé merveilleux, tout à l'heure !
J'eus tort ! Ils sont d'un bOtc à couper par morceaux !
ORONTi:
Jetez donc à deux mains des perles ar,x pourceaux !
AI.CESTi:
Pesle soit des grimauds et des vers imbéciles !
OIÎONTE
L'injure porte en soi des armes trop faciles 1 Je vous laisse le pas...
ALCESTE
J'allais vous en presser.
OROXTE
... Tout en gardant pour moi ma façon de penser. Il suffit. Je m'entends. Bonjour. Mes courtoisies Tirent la révérence aux basées jalousies.
(Il salue.) Mangez ' Btivez ! Doi'mez ! Et puissent mes lauriers Ne pas être pour vous de trop durs oreillerf:.
(Il sort.,