M. LOYAL
L'existence est si dure Qu'il faut être indulgent aux gens de procé<lure ! Ne m'ouvrez pas, hélas ! la porte du tombeau, Je suis encore jeune et je suis resté beau !...
(A Philinte.) Dites-lui donc,' monsieur, de m'être pitoyable. Je ne veux pas mourir, c'est trop désagréable.
La Conversion d'Alccsle
I iS
Je ne suis qu'un ])<iuvrc homme aux ordres do la Loi. Et j'ai quatorze enfants, dont j)lusicurs sont de moi !
Alceste !
PHii.iNTE, qui rit. ALCESTE, lancé dans une récapifvladon.
Un guei;x m'attaque au détour de la route. Je saisis du grief la Cour qui me déboute. Je perds. Je paye. Bien. C'est dans l'ordre. Aujourd hui, Il advient que mon drôle a la Cour contre lui. La Loi rend un arrêt que la Justice approuve ; (Le fait est à noter.) Je gagne, et je me trouve, — Phénomène admirable autant qu'inattendu — Plus perdre, ayant gagné, que si j'avais perdu 1
Mon Dieu...
PHILINTE
ALCESTE
Mon Dieu, je sais ce que vouB m 'allez dire Plus le cas est comique et plus il en faut rire 1
l'HILINTE
Sans doute.
ALCESTE. — Gélimène qui vient vol-s fera comp.agxie.
ALCESTE
Eh bien, je ris. Quant à m'exécuter, C'est, ne vous en déplaise, un point à discuter, Et je vous supplierai d'avoir pour agréable Qu'avec monsieur, chez lui, j'en cause au préalable.
(Il prend son chapeau, puis à M. Loyal :) En route !
ii6 La Conversion d'Alceste