‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 254 sur 347 · Instruction sur la Prudence du salut · texte numérisé non relu

Instruction sur la Prudence du salut

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consommée, c'est de toute sa compagnie la meilleure tête, c'est un génie rare... Et moi je prétends que parler ainsi, c'est abuser des mots... Je prétends que du moment qu'un homme, chrétien d'ailleurs, comme vous l'êtes et comme vous faites profession de l'être, a quitté le soin de son salut, dès lors il n'a plus, à le bien prendre, ni conduite, ni jugement, ni force d'esprit, ni conseil... En effet y a-t-il du sens et de la conduite à reconnaître, en qualité de chrétien, un bonheur éternel, qui est le salut, un bonheur pour lequel vous avez été créé et que Dieu vous a marqué comme votre fin dernière, un bonheur qui est le souverain bien,... et à ne prendre aucune mesure pour vous l'assurer? Qu'est-ce que la prudence? C'est l'ordre des moyens à la fin; et la prudence consiste à nous proposer une fin digne de nous et a employer les moyens propres pour y parvenir... Or devenir riche, devenir grand, vous distinguer dans le monde, ce ne peut être là votre fin, puisqu'il y en a une autre infiniment plus noble à laquelle vous êtes destiné... Là où le salut est plus exposé et où il se trouve des écueils sans nombre par rapport à l'éternité, c'est dans les affaires du monde, dans les traités, les commerces, les emplois, les ministères du monde. C'est donc là même qu'on doit avoir recours à la prudence du salut, car plus les affaires sont humaines, plus cette prudence est nécessaire '. » Bourdaloue poursuit ainsi : « Les plus grands

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