Le P. Brctonncau
SKS COMMENCEMENTS 43
allaient avoir sur lui leur revanche et triompher. C'était le temps où i>onr(laloue puis le l*. (laillard oocupaientlespremicreschait'es de Paris, devenaient les prédicateurs attitrés de Louis XIV, et où le V. Bouhours, par sa Letb'cn ^m seigneur de la cour, vengeait si éloquemment la (compagnie des calomnies d'Arnauld et de Pascal. Aussi, grâce à ces puissantes interventions, les Jésuites remportaient sur Port-Royal, ce qui devait |)ermettre à Boileau de remarquer avec sa finesse que « les Jésuites avaient défait les Jansénistes en bataille rangée, le P. Bourdaloue par la prédication et le P. Bouliours par la plume ' ».
Avant de voir Bourdaloue à l'œuvre, disons qne, devenu prédicateur du roi, il ne changea point sa vie. Fidèle à ses grands devoirs, il continua à s'enfermer dans la retraite, la prière, l'étude, et à se consacrera ladireclion des consciences, tout à Dieu et à son ministère. Pour la perfection et le salut d'un grand nombre, le ciel voulut que Bourdaloue prêchât à la cour. Même après Bossuet, le désordre et le scandale régnaient encore, et il fallait une autre éloquente voix pour faire entendre les terribles et divines vérités. Le prédicateur se présentait au moment opportun. Bossuet, api)liqué à l'éducation du dauphin, ne montait plus dans la chaire royale, et il fallait cependant une parole puissante pour réveiller lescoupablesdansleurs vices et pour éclairer la conscience des courtisans