CHAPITRE SECOND CARÈME DE SAINT-SULPICE ET MINISTÈRES EN
Liste des Prédicateurs, p. 9. Au Favxbourg S. Germain. En l'Eglise saint Sulpice. Le Reverend Pere Bourdaloüe, lesuite !
Nous avons vu par la lettre à Gramont que Bourdaloue était invité dès le mois de mai 1677; ce fut M. de Poussé, curé de la paroisse depuis le 7 février 1658, qui choisit Bourdaloue, comme il avait appelé en 1664, Bossuet à prêcher , le 19 janvier, le panégyrique de saint Sulpice, patron de sa paroisse ?.
1. Le carême de la cour était prêché par l'évèque de Périgueux, Le Boux, le prédicateur de l’année précédente, qui l'y donnait pour la cinquième et dernière fois. Gaillard était de nouveau à Saint-Thomas du Louvre ; La Rue, à Sainte-Croix de la Bretonnerie ; Giroust : « En l'Université, En l'Eglise Archipresbitérale de saint Severin. »
2. Bullelin lrimeslriel des anciens élèves de Saint-Sulpice, 15 fév. 1900, p. 31. L'extrait du registre des délibérations du Conseil de fabrique, conservé à la Bibliothèque nationale, dit, au 21 juin 1661:
« Quant à la nomination des prédicateurs, quoy qu'elle appartienne aux dits s® marguilliers, néantmoins, pour bonnes causes, ils sont demeurés d'accord qu’elle demeurera au dit sieur Curé et ses successeurs qui y mettront des personnes suffisantes et capables, et à condition expresse et non autrement de payer leur rétribution honeste qui ne pourra estre moindre que par le passé, sçavoir 600 livres pour le caresme, 300 pour l'Advent, 60 pour l'Octave du S. Sacrement, et trois livres pour les dimanches et festes de l'année, et leur fournir outtre ce leur chauffage, collations et logement sans pouvoir prétendre autre chose de l'Œuvre, pas mesme sous pretexte de fondations cy devant faites à ce sujet, À l'esgard de celles qui se feront cy après, elles appartiendront au dit sieur Curé comme aussy les questes qu'il pourra faire faire par les maisons
433 CARÊËME A SAINT-SULPICE
Supposons que Bourdaloue, «avant que de commencer » son carême, alla, aux environs du 2 février, fête de la Purification et début de la future quarantaine, «rendre civilité » aux marguilliers, dont il est superflu de chercher les noms Il est plus utile de connaître le nombre des prédications d’une station de carême, et c'est encore au travail de M. Eugène Levesque, publié dans le Bulletin trimestriel des anciens élèves de Saint- Sulpice}, que nous emprunterons une réponse précise. Elle est tirée des notes d’un certain Simonet, conservées à la bibliothèque si riche et si hospitalière de Saint-Sulpice :
Pendant tout le carème, il y a trois Jours la semaine sermon le : matin à 11 heures, et toujours par l’un des plus habiles prédicateurs, Le soir il y a toujours ou sermon ou conférence, excepté le samedi. Ces exercices se terminent par une retraite générale qui se partage dans les différents cantons de l’église. Elle dure six Jours, c’est-à-dire la semaine de la Passion. Il y a pendant ce temps des sermons, des exhortations, des lectures, des prières, des conférences à différentes heures du matin et de l'après-midi pour la commodité des paroissiens.
N'eussions-nous que ces renseignements généraux, ce serait précieux ; la seule application qu’on en pourrait faire, par la concordance du calendrier lilurgique avec l’année 1678, déterminerait déjà les dates probables des sermons de ce carème. Nous n’en possédons point tant pour toutes les stations prêchées par notre orateur, Mais il y a mieux encore, dans le Journal du secrétaire de M. Tronson, M. Bourbon, très exact à noter certains détails précis, d'ordinaire relatifs à lauditoire. ]1 est fâcheux qu'il n’ait pas eu l'attention de signaler les sujets traités, fâcheux aussi que durant une partie du
pour les prédicateurs, de la nomination desquels il donncra advis incontineut aux dits sieurs marguilliers pour en faire mention sur le registre et rendront les dits prédicateurs, avant que de commencer, civilité aux dits sieurs marguilliers »
L, 15 fév. 1900, p. 27-81,